Comment passer d’un gouvernement à un régime…

Un régime a son propre agenda. La démocratie ne l’intéresse que pour une seule chose : prendre le pouvoir par les urnes puis le conserver pour accomplir les missions qu’il s’est lui-même données d’accomplir [pour ses propres intérêts et ceux de ses soutiens]. Les concepts de « bien public », de gouvernance avec les corps intermédiaires, de prise en compte des aspirations populaires, de représentation réelle de la majorité du peuple, lui sont étrangers. C’est à ça que l’on reconnaît un régime d’une démocratie représentative saine et « normale ».

« Totalitaires »

Un sourire de côté vint conclure cette dernière pensée. On avait voulu le mettre à terre, faire de lui un faible, un dirigeant apeuré par la violence, une sorte de technocrate chétif incapable de prendre la mesure de la contestation sociale et qui se cachait derrière des mesurettes budgétaires pour calmer les foules. Il avait su retourner la situation à son avantage de manière brillante, il le savait : le Grand débat était une trouvaille géniale, un coup de maître qu’aucun dirigeant de la planète n’avait jamais osé mettre en place.

#GiletsJaunes et insurrection populaire : le pouvoir sait qu’il peut tomber

Ce que n’a pas vu venir, ni compris le pouvoir en place est le cœur des véritables mouvements révolutionnaires : la fin d’une illusion politique générant l’explosion du sentiment d’injustice. Ce sentiment est violent, sans nuances et puissant. Les révolutions sont violentes, sans nuances et puissantes. Et c’est toujours le sentiment d’injustice qui les provoque. […]