Conférence imaginaire : « Peut-on se représenter le monde autrement que par le biais du catastrophisme ? »

Cette conférence n’a jamais eu lieu mais elle pourrait exister. Si l’époque le permettait, avec un public ouvert au questionnement mais surtout dégagé des biais cognitifs partisans qui polluent désormais toute possibilité d’une réflexion « neutre », c’est-à-dire dépolitisée, donc non-idéologique. Cette réflexion qui sépare normalement la connaissance scientifique de la recherche, l’opinion éclairée critique du militantisme et l’information… de la propagande.

(Temps de lecture : approximativement 30 minutes)

Bonjour à tous et merci d’être venus si nombreux. Le thème de cette conférence est un peu particulier puisque sous couvert d’un titre général un peu accrocheur, le catastrophisme comme biais de pensée, il est en fait question — au delà de ce phénomène — du traitement de l’information et de la capacité de se représenter le monde dans une société ultra-connectée et de plus en plus polarisée. Je vais commencer par définir quelques notions qui me semblent incontournables pour réfléchir sur le sujet qui nous préoccupe ce soir, celui du catastrophisme, de la politisation militante des sujets de société et des conséquences à la fois politiques, économiques, sociétales, psychologiques, voire anthropologiques, de ces phénomènes.

Mais avant de débuter, il est nécessaire de clarifier ma situation et mon statut. Je suis journaliste. Je suis aussi technicien. Ingénieur système et réseaux, informaticien donc. Mon travail actuel se résume en quelques mots : chercher, comprendre, lire, comparer, interroger, observer, analyser et retranscrire. Ce champ lexical de verbes est en fait censé résumer à lui seul le travail de journaliste. Celui d’informer. Mais comment informer au plus juste ? Qu’est-ce que la justesse dans le travail d’information auprès du public ? Une information orientée ou partisane, basée sur des choix sélectifs est-elle encore de l’information ou bien ne devient-elle pas une forme de propagande déguisée ? Peut-on pour autant parler d’information parfaitement objective ? Que peut engendrer une trop grande montée en puissance du journalisme d’opinion ou militant en démocratie ? Et quid de l’opinion des scientifiques, du militantisme des chercheurs relayé par les médias ?

Des dizaines de questions se bousculent depuis des décennies sur le journalisme et au final sur le traitement de l’information, sur le pouvoir des médias, sur la propagande en démocratie. Je ne répondrai pas directement à celles-ci aujourd’hui. D’autres l’ont fait bien mieux que moi. Je pense notamment à Noam Chomsky et Edward Herman avec leur ouvrage « Fabriquer un consentement, la gestion politique des médias de masse », publié en 1988 et remis à jour en 2002. Nous sommes de plus passés dans un « nouveau règne informationnel » qui ne correspond plus entièrement aux analyses de Chomsky et Herman. Les sociétés humaines ont changé du tout au tout. L’accès à toute information est devenu instantané, sans filtres, sans barrières, ubiquitaire, généralisé. Je vais donc débuter cette conférence avec un principe sur lequel tout le monde devrait normalement s’accorder, selon les standards informationnels de notre époque : « Nous sommes au bord de la catastrophe ».

Se représenter le monde dans sa globalité

Il y a un phénomène majeur qui oriente ce qu’on peut appeler « la pensée de masse » aujourd’hui. Ce phénomène est lié à la globalisation. Globalisation des échanges, globalisation culturelle, globalisation de l’information, etc… L’accès à une information globale et globalisante est devenu instantané. Mais c’est aussi la norme. Et cette norme est devenue une addiction pour une partie de l’humanité. Cette partie qui domine, la plus développée industriellement, soit à peu près 2 à 3 milliards d’individus sur presque 8 milliards. C’est à partir de ces constats que nous arrivons à une question toute simple : pourquoi sommes-nous entrés dans cette spirale globale de surinformation… globale ? A quoi bon ? Pourquoi ne pouvons-nous plus nous en passer ? Il y a plusieurs réponses à ces questions mais je crois qu’une des principales est celle de la possibilité permanente d’obtenir une représentation du monde. Avoir une image d’un tout, obtenir une connaissance totale des choses est le rêve de l’humanité depuis ses débuts, comme celui de l’immortalité ou du don d’ubiquité. Alors, vous me direz : oui et donc ? En quoi vouloir et pouvoir se représenter le monde dans sa globalité est-il un problème ?

Ma principale réponse à cette autre question, qui doit permettre de creuser ce sujet du biais catastrophiste et de ses conséquences, est la suivante : se représenter le monde dans sa globalité est soit, parfaitement impossible, soit parfaitement biaisé. Mais pour autant, avoir une vision de phénomènes à grande échelle est possible. En conservant à l’esprit que cette vision sera forcément fragmentaire, plus ou moins nuancée et surtout empreinte non pas de doutes intrinsèques sur une réalité établie mais d’éléments potentiellement contradictoires, de données manquantes ou d’une fiabilité relative, de preuves plus ou moins établies. Ce qui revient à dire que lorsqu’on touche à des phénomènes globaux on entre dans une zone grise qui ne doit pas — normalement — nous mener à des conclusions définitives ou des certitudes absolues poussées par des prédictions indiscutables.

Un phénomène global, comme peut l’être par exemple l’économie mondiale n’est pas soluble dans une théorie finie qui serait alliée à des projections fiables, doublée de corrélations et causalité toujours justes. Et pourtant, nous avons été habitués à penser global et prendre pour argent comptant des phénomènes hyper complexes, chaotiques, mais « résolus » — en apparence — par des données mouvantes ou biaisées, des études orientées et parfois fausses. Ces « vérités scientifiques » d’un temps peuvent perdurer mais peuvent aussi être remplacées par d’autres. Parfois elles s’étoffent, parfois elles deviennent moins crédibles ou même se dégonflent complètement.

C’est pourquoi je vais débuter avec l’exemple de la cigarette. Et celui du glyphosate. Les effets de la cigarette sur la santé ont été scientifiquement étudiés dans les années 50 et les études de l’époque ont déclaré la cigarette comme parfaitement inoffensive pour la santé, ne pouvant pas causer des cancers, ou devenir la principale cause de cancer du poumon. Oui, c’est un peu dur à avaler si je puis dire, mais c’est ainsi que la recherche scientifique peut fonctionner.

Ces études scientifiques ont fini plus tard par être bien entendu remplacées par d’autres, qui ont conclu — à l’inverse — à la responsabilité de la tabagie dans les cancers du poumon. Les grands cigarettiers n’étaient plus à même de financer toute la recherche sur le sujet. Puis les fumeurs passifs ont été déclarés comme des victimes de la tabagie des autres. Des lois ont été adoptées pour protéger les non fumeurs des fumeurs. Puis, par la suite, le tabagisme passif a été battu en brèche, en 1998, par l’OMS, via une étude du CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer de la dite organisation internationale. La tabagie passive ne pouvait pas causer de cancers ou autres troubles de la santé aux non-fumeurs, même lorsque ceux-ci fréquentaient des fumeurs, selon l’agence de recherche mondiale sur le cancer. Mais depuis, la tabagie passive est de nouveau considérée comme une réalité scientifique établie. C’est étonnant, mais c’est ainsi. Ce sujet de la cigarette est en partie global. Tout le monde fume sur la planète. Et même s’il reste simple à étudier, à vérifier de par sa nature univoque (des personnes qui fument, d’autres non, des non-fumeurs avec des fumeurs ou non), il reste scientifiquement controversé. Ou du moins à géométrie variable au cours du temps. Exactement comme les études sur la nocivité du glyphosate, où là, à l’inverse le CIRC a été le seul labo à établir qu’il était cancérigène, quand toutes les autres agences internationales de recherche ont conclu à l’inverse…

La vérité : une certitude morale

Vous devez vous demander où je veux en venir en prenant ces exemples. Vous avez bien raison et je vais m’en expliquer. Ces deux sujets d’étude ne sont là que pour établir un départ de fil conducteur de cette conférence. Ils parlent tous les deux de choses graves, des atteintes à la santé, pouvant causer des catastrophes sanitaires « si on ne fait rien ». Et dans les deux cas, même si l’on sait d’avance ce qui est « juste » (le bon sens disent certains), la recherche scientifique n’est pas capable de nous donner un résultat probant. Ou ne veut pas. Par contre, nous savons où se situe la vérité d’un point de vue moral. La Vérité — avec un grand V — étant en réalité une forme de certitude morale. Fumer diminue l’espérance de vie, cause des troubles de la santé, donne des cancers. Respirer la fumée des fumeurs est donc forcément malsain, peut là aussi causer potentiellement des dommages à la santé. Tout comme le glyphosate est un produit chimique composé de molécules agressives pour les plantes, un pesticide, donc un produit qui tue (pesticide, génocide le suffixe cide est tiré du latin caedere » qui signifie  frapper, abattre, tuer, cela ne vous aura pas échappé). Il est donc potentiellement mauvais pour la santé humaine, donc pour ceux qui mangent les légumes cultivés dans des champs où du glyphosate a été répandu.

La cigarette est un fléau, le glyphosate est un fléau, nous allons vers la catastrophe si nous continuons à laisser ces fléaux perdurer. Même si la science n’a pas entièrement tranché. Ou partiellement, ou en plusieurs étapes. Bien. Mais pourquoi donc, alors, continuer à informer le public sur ces fléaux mais ne rien faire de concret pour qu’ils cessent ? La réponse est complexe. Multifactorielle et dépendante de qui va répondre. Et surtout avec quel « attirail moral politique ».

Pour parler du glyphosate seulement, un agro-industriel vous répondra que le glyphosate est inoffensif pour la santé humaine. Rien n’est prouvé. Une seule étude sur des dizaines. Cancérigène ne veut pas dire qu’on attrape le cancer en mangeant des produits agricoles qui ont poussé là où il y avait du glyphosate. La dose fait le poison, etc… Un spécialiste de l’environnement, militant écologiste vous dira que le glyphosate a déjà tué des centaines de milliers de personnes, que la biodiversité va être éradiquée de la planète d’ici à 30 ans si on continue sur cette voie, etc… Ils auront certainement en partie raison chacun dans leurs certitudes et leur vérité. Mais d’un point de vue scientifique, dans une étude neutre de ce phénomène, ils ont tous les deux tort. Parce que leurs certitudes morales ne peuvent pas envisager tous les angles morts de ce phénomène du glyphosate et surtout parce qu’il n’y a pas de réponse globale à ce problème qui n’est pas entièrement global bien que censé l’être pour les acteurs qui défendent une thèse plutôt qu’une autre. Prouver la causalité des cas de cancers est extrêmement complexe. C’est une pente glissante. Il est presque impossible à partir de données statistiques de faire le lien de cause à effet entre une molécule présente en très petite quantité dans la nourriture et des cas de cancer. Parce que les personnes qui auront ingéré cette molécule auront aussi ingéré des tas d’autres molécules, auront été soumises à des tas de facteurs environnementaux ou même génétiques qui pourraient avoir déclenché leur cancer.

Par contre, l’agriculture intensive industrielle est un problème. Pas besoin d’être membre du WWF pour le savoir. Les engrais chimiques, les pesticides, sont un problème pour la santé de ceux qui les manipulent, pour les écosystèmes, donc la biodiversité. Ils polluent les sols. L’eau. L’air. Même les agro-industriels le savent. Les politiques le savent. La population le sait. Tout le monde sait. Mais peut-on pour autant parler d’un problème planétaire qui menacerait toute la biodiversité ? Non. L’agrochimie est en réalité un problème pour 20% de l’humanité. 80% des terres agricoles dans le monde sont des petites fermes qui n’utilisent pas ou très peu ces solutions chimiques. Les 20% qui les utilisent sont donc concentrés dans quelques grands pays riches. Mais ils produisent une quantité de matières premières agricoles absolument phénoménale. Ils sont donc aussi une solution pour nourrir l’humanité. Il n’y a pas de catastrophe globale à venir à cause du glyphosate et de l’agriculture ultra intensive. Il y a juste un problème sur une fraction de la planète qui ne sait pas, ne peut pas, ne veut pas faire autrement qu’avec ces solutions nocives. La solution pour tenter de faire changer ce paradigme a donc été toute trouvée : le catastrophisme, couplé à ce que j’appelle l’exagérationnisme. A partir d’un phénomène réel qui est négatif, perturbant, voire potentiellement dangereux, vous le généralisez, vous amplifiez ses effets jusqu’à en faire un phénomène dévastateur actuel — ou à minima dans un avenir assez proche — et vous déclarez qu’il n’y a qu’une unique solution pour éviter… la catastrophe. L’interdiction, l’arrêt définitif, des solutions radicales, en général.

Je vais illustrer mon propos avec un exemple concret. En 2018 je suis mis au courant comme la majorité des journalistes occidentaux d’une étude scientifique allemande qui affirme que 73% des insectes volants ont disparu en 30 ans. Cet écroulement de la population d’insectes a lieu en Allemagne et d’après les dépêches, peut être généralisé à l’Europe, voire potentiellement sur la planète entière. Je lis l’étude et publie un article. C’est effrayant. Catastrophique. L’effondrement des populations d’insectes volants est avéré, l’association qui les collecte depuis 3 décennies explique qu’en plus, le secteur était protégé, mais entouré de champs agricoles de cultures intensives. Pas la peine de chercher très loin : les pesticides sont en cause. En parallèle une étude sur la disparition en 30 ans d’un tiers des oiseaux en France a été publiée à peu près à la même époque. Mais j’en parlerai plus tard. Il y avait une courbe dans cette étude sur les insectes en Allemagne. Un graphique avec des abscisses et des ordonnées : la période de 30 ans et le nombres d’insectes collectés. La courbe s’accentuait au cours du temps, pour finir sur les 10 dernières années par être très verticale, vers le bas, donc. Une accélération. Je n’ai pas fait d’effort pour analyser cette courbe à l’époque, trop préoccupé par décrire la catastrophe établie par cette étude. J’aurais pourtant dû. C’est en 2021 que je suis revenu sur celle-ci et ai réalisé la chose suivante : en continuant la courbe qui s’arrêtait à l’époque en 2018, il n’y aurait plus d’insectes volants aujourd’hui dans ce secteur. 100% devraient avoir disparu. Et comme l’étude, par généralisation établissait que si ce secteur protégé était touché, c’était le pays entier — et probablement le continent européen — qui devait être dans le même état, nous ne devrions donc plus avoir aucun insecte volant aujourd’hui en Europe… Ce qui n’est pas le cas, bien heureusement. Une question se pose alors : comment est-il possible d’annoncer une catastrophe qui ne se vérifie pas et refuser de chercher à comprendre ce que cela signifie ?

Informer est-ce alerter ?

Le schéma qui prévaut aujourd’hui pour décrire le monde, informer sur ce dernier est avant tout celui du binarisme, à mon sens. Le binarisme est une nouvelle façon d’aborder n’importe quel sujet en utilisant des méthodes rhétoriques et logiques très simples qui mettent en opposition des notions de façon binaire. C’est une simplification de phénomènes le plus souvent complexes qui utilise en premier lieu une méthode d’oppositions. Le binarisme vise à créer des électrochocs dans les esprits. Le terme consacré est « secouer les consciences ». Mais il vise aussi à faire adhérer les foules à des principes politiques, économiques en ne laissant aucune part à la nuance, ce qui permet d’empêcher tout débat ou toute contestation des affirmations énoncées par ceux qui alertent grâce à ce système.

Les exemples de binarisme sont légions actuellement et servent autant causes politiques qui peuvent être parfaitement opposées. Les nationalistes identitaires, l’extrême droite raciste utilise le binarisme pour alerter sur l’effondrement de la société, le grand remplacement des blancs chrétiens par les musulmans et autres théories visant à défendre une nouvelle société. L’extrême gauche fait de même avec les théories du genre, l’écologie de combat, la collapsologie, etc… Le centre n’est pas épargné puisqu’il pousse en permanence des théories binaires sur la nécessité de la compétitivité économique, de l’innovation technologique ou l’obligation de créer une société centrée sur la consommation et dépolitisée pour éviter le chaos, le populisme, etc…

« Vous êtes avec nous ou contre nous ». Le problème central contre lequel nous devons lutter est… Il n’y a pas d’alternative. Personne ne peut contester que. Si rien n’est fait très vite nous allons vers une catastrophe ». Un problème. Une solution. Un mode binaire : 0 ou 1. Une idée et son opposé. Une vision de problématique globale simple, sans nuances avec des réponses globales simples sans nuances. Quand le binarisme prend le dessus, c’est une nouvelle façon d’envisager le monde et d’informer qui émerge. Ce que nous avons vu se créer en quelques années — à partir de ce système logique déjà ancien mais qui s’est généralisé — est donc la nécessité d’alerter. La plupart des informations importantes, qui circulent le plus sur les réseaux et remportent l’adhésion du plus grand nombre, sont des alertes. La recherche scientifique s’est mise au diapason : les études alertent, désormais. Les politiques alertent. Les ONG alertent. La société civile alerte. De façon binaire. Sans nuances. En tronquant la réalité des chiffres, s’il le faut. En exagérant. En falsifiant parfois des données, des conclusions, en les extrapolant aussi. Nous ne savons plus faire qu’alerter, alarmer, pousser à l’extrême tous les sujets pour en faire des armes politiques ayant une unique vocation : créer un changement dans un sens précis, celui qui nous paraît le plus juste.

Je veux donc à cet instant précis de cette conférence apporter quelques précisions de l’ordre de la précaution. La première est liée directement au sujet et me semble importante : ce n’est pas parce que je dénonce le binarisme, l’exagérationnisme et le phénomène d’alerte informationnelle permanent que je pars du principe qu’il n’y a pas de problèmes importants ou que toutes les alertes sont des tromperies. Ou que tous les problèmes d’ordre global sont des fabrications. Si je le faisais, je rentrerais à mon tour dans le binarisme et une sorte d’opposé de l’exagériationnisme que l’on peut appeler le « nuancisme ». Une partie de la presse dite « mainstream » proche du centre; a d’ailleurs été longtemps accusée de pratiquer cet art de la nuance permanente. L’idée centrale d’une information qui se veut toujours et en toute chose « équilibrée » est d’apporter une nuance permanente qui noie le poisson pour faire avaler des couleuvres au public et protéger les puissances — le plus souvent économiques ou politiques. Dans le cadre de la construction européenne ou des guerres d’ingérence occidentales, l’information très équilibrée peut devenir une sorte de relais idéologique des politiques au pouvoir. Une manière de faire avaler la pilule aux foules, en nuançant à l’excès des phénomènes pourtant graves ou en cherchant à équilibrer en permanence les chose. Le « en même temps » d’un certain président français fait partie de cette méthode de la mise en avant de fausses complexités, de contrebalacement permament visant à rendre acceptable des actions ou des sujets qui le sont peu ou ne le sont pas.

Mais revenons à nos moutons. L’alerte catastrophiste est-elle une manière saine et correcte d’informer ? Cette approche permet-elle de faire « mieux avancer les choses », de faire mieux prendre conscience d’enjeux globaux aux citoyens ? Les politiques sont-ils en mesure de corriger le tir uniquement s’ils sont sous pressions d’alertes faites de messages catastrophistes ? L’alerte, l’alarme, les prédictions catastrophistes sont-elles efficaces pour permettre des prises de décisions correctives afin d’éviter les prédictions en question ?

Le lobby de la peur est inefficace… mais rémunérateur

Je crois qu’il est temps de commencer à donner des exemples concrets pour mieux comprendre le biais du catastrophisme actuel. L’idée principale qui m’anime est de comprendre pourquoi ce biais catastrophiste s’est généralisé et surtout, s’il est légitime ou non. A quoi il sert. Qui il sert. Quels intérêts. Mais aussi et surtout : quelles conséquences il a.

Je reste stupéfait depuis plusieurs années par les discours apocalyptiques de personnes médiatisées classées dans la catégorie des « scientifiques ». Ce sont des universitaires avec des doctorats et travaillant au sein de laboratoires publics de recherche. Les deux grands sujets qui animent ces « lanceurs d’alerte » d’un nouveau genre sont le plus souvent les suivants : le climat et la biodiversité. Mais ces deux sujets se confondent en général par une nouvelle vision globale qui exprime une vision de l’avenir. Celle-ci est la suivante : « Nous ne pouvons plus continuer continuer comme ça, l’humanité va à sa perte, les activités humaines sont beaucoup trop polluantes ou destructrices pour la planète. » La catastrophe est alors « scientifisée » par des modèles informatiques, des projections ou bien des jeux de données statistiques établissant la progression d’un phénomène au cours du temps jusqu’à aujourd’hui. Il y a ainsi des chiffres et des phénomènes qui ont été martelés et que tout le monde a en tête : Les population d’animaux sauvages ont diminué de 70% en 50 ans sur Terre, les océans se sont élevés de 30 cm en un siècle, les calottes glaciaires sont en train de fondre, les phénomènes naturels destructeurs s’accentuent, la température du globe a grimpé de 1,2°C en 150 ans, les fleuves, les océans, les grands fleuves sont pollués par les plastiques de tant de %, etc… Au passage, les études sur la pollution des océans par les fleuves ont déterminé que plus de 95% de cette pollution était causée par 7 fleuves. 6 sont en Asie, le dernier est en Afrique. Ce problème mondial n’a pas une cause mondiale ce qui n’est jamais souligné.

Mais cette vision épouvantable de l’état du monde n’est pas discutée et ne semble pas discutable. Pourquoi cette vision est-elle devenue un fait ? Parce qu’elle est répétée par des élites scientifiques, relayée par des porte-paroles d’organisations gouvernementales ou non gouvernementales, des personnels politiques, des dirigeants d’institutions mondiales et même des groupes d’intérêts privés. L’unanimité apparente sur un fait, établit — semble-t-il — la crédibilité du fait. Cette unanimité n’est malgré tout pas une réalité objective des connaissances de l’état du monde sur les sujets abordés. Elle est une unanimité médiatique, de façade, puisque la parole catastrophiste, alarmiste est la seule à avoir le droit de se répandre à travers les médias. Et c’est là, à mon sens que tout se joue : comment est-il possible de croire à une ou plusieurs catastrophes globales en cours — qui vont décimer l’humanité et la majorité des espèces vivantes — alors que toutes les autres analyses, études, discours, visions ou constats qui ne vont pas dans ce sens, sont parfaitement censurés, n’arrivent pas jusqu’au public ?

Un point important est à souligner à ce moment de mon exposé : il y a ce que je sais et ce que je ne sais pas. La connaissance médiatique partagée par la majorité et ce qui existe factuellement. Il est donc nécessaire pour moi de bien préciser plusieurs choses. Une première traite d’un concept qui s’est répandu dans les médias jusqu’à devenir une évidence indiscutable alors que ce n’est pas le cas. C’est celui de l’Anthropocène.

L’Anthropocène — pour faire court — est une théorie du prix Nobel de Chimie Paul Crutzen en 2000 qui établit que l’impact de l’homme sur l’environnement terrestre était devenu tellement important qu’il était comparable à un changement d’ère géologique. Cette théorie est reprise le plus souvent en lien avec le concept de la 6ème extinction des espèces. J’ai cherché à comprendre d’où provenait cette théorie de l’Anthropocène, comment elle s’était répandue, avait été reprise par de nombreuses parties pour finir aujourd’hui par être décrite comme une évidence scientifique incontestable. Je ne vais pas vous refaire la veille informationnelle sur ce sujet mais vous donner le constat que j’ai pu en tirer : il n’y a aucune base scientifique solide pour confirmer la validité de la théorie de l’Anthropocène. Aucune non plus pour la réfuter totalement. Selon la spécialité scientifique de la personne qui vous parlera de cette théorie, les croyances qui l’animent, ses orientations politiques, l’Anthropocène sera, soit une évidence, soit une théorie fumeuse. Où se trouve alors la réalité ?

La réalité est la suivante : une ère géologique est un changement massif planétaire qui dure des millions d’années et affirmer que l’humanité est en mesure de provoquer de tels changements ne peut s’entendre pour un spécialiste des ères géologiques. Bien que certains spécialistes adhèrent à cette thèse, de nombreux autres la réfutent. L’Anthropocène est un artefact scientifique. Mais il a un intérêt : il permet de créer une alarme pour justifier de la nécessité de changements majeurs dans le fonctionnement des sociétés humaines. Puisque l’Anthropocène est censé être une ère qui mène à la catastrophe, comme chacun le sait. Et c’est là où nous entrons dans le vif du sujet qui nous concerne, puisque cette théorie n’est en réalité pas critiquable. Mais pourquoi donc ? Parce qu’elle incarne les peurs fondamentales de l’humanité depuis fort longtemps.

Les théories scientifiques qui ne sont pas critiquables pour des raisons morales sont des dogmes

Je ne sais pas si l’humanité va faire disparaître 90% des espèces vivantes et rendre la planète quasi inhabitable avant la fin du siècle. Je ne sais pas non plus si au contraire, tout ira bien ou même mieux dans 80 ans. Je sais par contre que si je modère les affirmations catastrophiques liées à l’Anthropocène, elles-mêmes liées à ce qui est désormais appelé l’urgence climatique, je suis immédiatement condamné. Moralement condamné. Ne pas adhérer avec ces théories signifie que je ne me soucie pas de la protection de l’environnement, que je plaide pour un monde pollué que je refuse de voir des réalités gravissimes et donc que je milite pour une sorte de laisser-faire du capitalisme industriel et consumériste qui est — selon ses promoteurs — la source de cette catastrophe annoncée. Comme avec Georges W. Bush en 2001, les défenseurs de l’Anthropocène, lanceurs d’alerte et militants de la défense du climat, m’indiquent très vite que toute nuance de ma part, est une allégeance à l’ennemi : « Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous être contre nous ». Ces théories scientifiques, prédictives, annoncent l’équivalent d’une apocalypse. Les critiquer ou les nuancer est une hérésie morale pour leurs défenseurs. Même lorsque les prédictions s’avèrent fausses ou la réalité des observations largement moins importantes que celles relayées par les promoteurs de la lutte contre la catastrophe.

Le biais catastrophiste a beaucoup d’avantages pour lui, comme la plupart des biais. Il repose d’ailleurs sur de nombreux autres biais cognitifs qui font adhérer le public sans nuances et sans possibilité de ne « pas croire » ou de pouvoir « réserver son jugement ». Le principal est le biais d’autorité. Mais aussi celui de de favoritisme (ou endo-groupe), de confirmation, de jugement. Faisons une expérience. Je fais part de prédictions positives et je regarde ce qu’elles génèrent. De façon naturelle, elles seront, soit ignorées, soit contestées. Annoncer que « la population des éléphants en Afrique de l’Est va de nouveau croître, au point qu’elle sera trop importante dans 20 ans » est une forme d’insulte pour de nombreux défenseurs de l’environnement. Sauf qu’elle s’est révélée juste pour les 20 dernières années. Comme pour celle des ours polaires. Ce qui devrait réjouir les défenseurs des animaux les rend furieux. Ou est ignoré. Pourquoi ces bonnes nouvelles fâchent-elles ceux qui sont censés normalement vouloir qu’elles surviennent ? Parce que tout ce qui atténue le catastrophisme est considéré comme un frein à la lutte pour empêcher la catastrophe. La nuance, même lorsqu’elle est soutenue par la recherche scientifique, conteste la radicalité. Et la radicalité est l’essence même du catastrophisme. Toutes les théories catastrophiques actuelles ont pour point commun d’être parfaitement radicales et de refuser d’être contestées, critiquées par ceux qui les brandissent. La principale raison invoquée pour empêcher toute critique du catastrophisme est la condamnation morale : il est moralement condamnable de critiquer une lutte vécue comme essentielle et visant à sauver l’humanité, voire l’intégralité de la vie terrestre ! C’est ainsi que nous arrivons à un syndrome que l’on peut qualifier de quasi religieux, celui du sauveur. Basé sur un dogme, qui se base sur un corpus non plus théologique mais scientifique et vécu comme une vérité absolue et essentielle, qui ne peut donc être mise en cause…

Choisir sa cause et partir en croisade

Le catastrophisme est avant tout une voie militante, mais je ne voudrais pas qu’une interprétation malvenue survienne alors que je dénonce les méfaits de cette approche. Je me vois donc obligé de répéter quelques évidences pour que mon propos ne soit pas détourné de son sens initial. La première évidence est la suivante : oui, il y a bien des dégâts environnementaux plus ou moins irréversibles sur l’ensemble du globe, causés par les activités industrielles. Oui, la température du globe a augmenté de 1 à 1,2°C en 150 ans. Oui, une très grande pression s’opère sur la biodiversité par l’urbanisation, la déforestation, le développement d’infrastructures diverses et variées, l’agro-industrie, les pollutions des grands fleuves par les déchets. Mon objectif n’est en aucun cas de nier les problèmes environnementaux réels causés — avant tout — par une démographie galopante au cours des 100 dernières années. Passer d’à peine 2 milliards d’individus sur Terre à près de 8 milliards au cours de cette période de temps très courte est une gageure incroyable. Nous devrions d’ailleurs nous en réjouir puisque cela signifie que les êtres humains vivent plus longtemps, sont mieux soignés et sont mieux protégés des agressions de tout type.

Mais passé ce constat, il est nécessaire d’évaluer les pollutions et dégâts environnementaux factuellement, dans leur ampleur réelle, dans leur progression au cours du temps et dans leur évolution potentielle future. Je vais prendre quelques exemples simples à vérifier. En premier lieu celui de la pollution des fleuves. Dans les pays occidentaux les plus développés — l’Amérique du Nord et l’Europe principalement —, en l’espace de 50 ans, la pollution des cours d’eaux s’est abaissée de façon drastique. Les dernières études des organismes européens indiquent une très bonne qualité de l’eau des rivières et fleuves et même de celles des nappes phréatiques. Les fleuves sont bien moins pollués, voire presque sans pollution pour certains, comparés aux années 1970 ou même 1990. La faute à qui ? Aux politiques environnementales, dont celles mises en place par l’ONU dans le cadre du développement durable à la conférence de Rio en 1992. De même, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de près de 25% en Europe durant cette période. Les forêts au niveau mondial sont mieux protégées selon la dernière étude de la FAO et pour une partie, les objectifs sur la protection des forêts 2020 ont été dépassés. Personne ne parle de ces rapports — tout aussi officiels que ceux du GIEC sur le climat, par exemple. Mais ces rapports ont un énorme défaut : ils sont positifs et incitent plus à l’optimisme que l’inverse. Des grands programmes environnementaux existent, s’appliquent un peu partout dans le monde, permettent de mieux protéger la biodiversité et peuvent même résorber une partie des problèmes de pollution. Alors pourquoi donc sommes-nous malgré tout convaincus que « rien n’est fait pour protéger l’environnement », que « tout s’accélère dans le pire » et que « nous allons vers la catastrophe, quoi qu’il se passe — à part si nous arrêtons la production industrielle » ?

Un premier facteur central est le suivant : les dirigeants et militants des grandes ONG de défense de l’environnement ont su rallier à leur cause de nombreuses personnes influentes : personnels scientifiques, personnel politiques, fonctionnaires internationaux, journalistes. Ces grandes organisations — au chiffre d’affaire pouvant approcher le milliard de dollars pour certaines — fonctionnent depuis leur création en défendant des cause et en partant en croisade. Le catastrophisme est le cœur de leur communication, la radicalité leur mode d’action, la défense de causes « bonnes pour l’humanité » et donc indiscutable est leur unique activité. C’est par cet emballement poussé à l’extrême que les grandes ONG —ainsi qu’une myriade d’associations, de collectifs — alliées et soutenus par des lobbies financiers de la « green economy » trouvent leurs financements chaque année, doublé d’une audience mondiale en croissance permanente.

Pour exemple, je vais parler de quelque expériences que j’ai vécues en tant que journaliste sur le sujet, je pense que ce sera plus clair. La première est une interview auprès d’un spécialiste du climat d’un grand labo participant aux rapports du GIEC, puisque leurs modèles y font référence. Mon angle était de comprendre pourquoi un rapport du GIEC de 2013 indiquait que les modèles avaient surestimé d’un facteur 2 à 3 l’augmentation de température du globe sur les 15 années précédentes. Ce rapport d’évaluation des modèles climatiques de 2013 mais publié seulement en 2018, parlait d’un « hiatus » sur la période 1998-2013, exprimant ainsi une divergence entre les projections informatiques et la réalité observée. J’ai donc questionné ce scientifique spécialiste des modèles climatiques sur plusieurs points. Le premier était la fiabilité des observations : comment prendre la température d’une planète entière ? Pourquoi un autre rapport du GIEC de 2018 indiquait en préambule une augmentation comprise entre 0,8 et 1,2°C, laissant ainsi une marge d’incertitude très grande ?

Les réponses du climatologue était très honnêtes : les appareils de mesure ne sont pas parfaitement calibré entre eux au cours du temps, des manques de données sur de longues périodes avant l’apparition des satellites ne permettent pas une grande fiabilité dans les mesures, l’hémisphère sud a été très longtemps sans presque aucune mesure, particulièrement en Afrique.

J’ai continué cet entretien au sujet du hiatus et là aussi le chercheur était embarrassé puisqu’il ne pouvait pas fournir d’explication à ce décalage entre observations et projections. Sachant qu’il était spécialiste des modèles de formations d’orage, pas de la température planétaire. Mais vers la fin de l’entretien, alors que j’insistai pour mieux comprendre ces problématiques de modélisation du climat, de l’étonnante décorrélation entre émissions de CO2 et températures, puisque plus il y avait de CO2 anthropique relâché dans l’atmosphère sur cette période 1998-2013, plus la température se stabilisait, à l’opposé des projections qui prévoyaient toutes une augmentation de cette dernière, il m’a coupé pour me dire de façon assez sentencieuse : « De toutes les manières, même s’il y a là des raisons que les modèles n’avaient pas prévu, comme les aérosols, des variations naturelles, c’est le CO2 qui crée le réchauffement climatique« . Quand je lui ai alors demandé : « Mais pourquoi les proportions de ce réchauffement sont-elles renvoyées comme très importantes par le personnel scientifique affilié au GIEC, alors qu’elles ne l’ont pas été — selon le rapport du GIEC lui-même — sur ces 15 années« , il m’a confessé : « Vous savez, mais gardez le en off, nous les scientifiques, si nous exagérons les choses, c’est pour faire bouger le politique, pour qu’il y ait une réaction face au phénomène du réchauffement climatique« .

Cet aveu m’a intéressé au plus haut point, vous vous en doutez bien, puisqu’il confirme ce que je pouvais supposer au sujet du bais catastrophiste : tous ceux qui travaillent de près ou de loin autour de l’environnement au sens large n’ont aucun intérêt à nuancer le résultat de leurs travaux ou le manque de fiabilité de leurs projections. Leur motivation première est avant tout idéologique au sens large, puisqu’elle tend à admettre sans équivoque un problème global aux conséquences établies comme dramatiques, qui doit être pris en compte par les responsables politiques, qui eux-mêmes doivent agir sur le monde, pour freiner, ou même empêcher ces conséquences. Et comme les réactions politiques ne sont jamais à la hauteur de « ce qui devrait être fait » — selon le consensus idéologique en place — il est donc permis pour des scientifiques du domaine d’exagérer la réalité du réchauffement climatique par exemple, même dans des proportions indécentes, puisque c’est pour « la bonne cause », pour obliger le politique à agir. De la même manière, les journalistes ne peuvent jamais envisager l’information sur l’environnement autrement que par le prisme des catastrophes, de l’accélération de la destruction, convaincus que s’ils nuançaient leur information ou corrigeaient des annonces faussement catastrophistes, ils joueraient alors le jeu des « puissances économiques qui ravagent la planète », deviendraient des suppôts des pollueurs.

Améliorer l’existant ou demander l’impossible ?

Le concept du réchauffement climatique ou changement climatique, devenu depuis quelques années « dérèglement climatique » pour finir par être souvent cité comme « urgence climatique » est le réacteur nucléaire — si je puis dire — du catastrophisme informationnel. Toute l’écologie moderne ne passe plus que par ce concept — ou presque — et donc par celui de décarbonation de l’économie. La catastrophe ultime est semble-t-il celle du climat, modifié par les activités humaines qui rejettent des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le CO2 au premier chef. Ce concept est devenu l’alpha et l’omega des politiques environnementales modifiées en politiques climat. Chacun d’entre nous a entendu des phrases de décideurs de tout poil comme « C’est bon pour le climat », ou même de façon implicite (vis-à-vis du climat) : « C’est bon pour la planète ». Malgré les grandes incitations pour atteindre une neutralité carbone en 2050 que tous les catastrophistes appellent de leurs vœux, un problème reste entier : les modèles et les scénarios utilisés par le GIEC ne permettent pas d’éviter la catastrophe climatique envisagée, même en cas de scénario de neutralité carbone.

La réalité selon le GIEC est donc la suivante : la neutralité carbone, si elle atteinte atteinte en 2050 ne le sera que par une poignée de pays riches et n’empêchera qu’un ou deux dixième de degrés d’élévation de la température mondiale. Et même si l’ensemble des plus gros émetteurs atteignaient cet objectif, la température s’élèverait malgré tout dans de très fortes proportions comparée à celle de la deuxième moitié du XIXème siècle. Cette information ne semble pas gêner la communauté scientifique médiatisée par le GIEC, ni les décideurs politiques engagés dans les protocoles pour lutter contre le changement climatique. Ni les ONG qui continuent à demander un arrêt total de l’utilisation des énergies fossiles alors qu’il est parfaitement impossible de le faire pour des raisons de développement économique et social évidentes, sans compter les solutions technologiques palliatives de cet arrêt… qui n’existent pas.

Ce n’est pas être pour ou contre les énergies fossiles qui devrait compter dans le débat, mais plutôt : comment les utiliser à meilleur escient pour éviter d’en manquer à terme, puisqu’aucune autre solution durable dans le temps ne peut les remplacer dans de nombreux domaines, comme les transports et l’énergie électrique. La catastrophe existe pourtant sur ce sujet et ce n’est pas celle qui surviendra par l’utilisation des énergies fossiles, mais exactement l’inverse : l’arrêt des énergies fossiles, si elle survient, plongera l’humanité dans une catastrophe parfaitement avérée. Le manque d’énergie pour les transports, l’électricité, le chauffage mèneront des populations et leurs économies dans un gouffre sans fond que n’importe quel spécialiste du domaine connaît parfaitement. Je ne vais pas rentrer dans le débat sur l’énergie nucléaire, typiquement franco-français qui n’a aucune sorte de validité au niveau mondial. Ni sur celui des énergies renouvelables, éolien ou photovoltaïque : tous les pays qui ont développé ces énergies depuis plus de 15 ans sont aujourd’hui le bec dans l’eau : elles ne permettent en aucun cas de remplacer les autres types de productions électriques et leur complément s’avère très souvent peu fiable, couteux, imprévisible et dévastateur pour l’environnement terrestre ou marin.

Le catastrophisme a en réalité des limites qui commencent à être discutées peu à peu. L’une d’elles peut se résumer à « demander l’impossible ». Pour faire simple et clair : vous énoncez une catastrophe en cours et à venir, systémique, globale. Puis vous demandez des mesures pour éviter cette catastrophe, mondiales, globales et systémiques. Sauf que ces mesures sont impossibles à mettre en œuvre. Mais ce sont les seules qui peuvent empêcher la catastrophe que vous annoncez. Vous êtes alors pris dans une sorte de boucle de rétroaction sans fin : alerte, annonces de solutions, impossibilité de mise en œuvre des solutions, re-alerte, etc… L’urgence climatique est prise dans ce mécanisme : la situation est tellement grave — selon les promoteurs de cette théorie — qu’il faudrait arrêter totalement le système économique mondial industriel pour avoir une chance d’empêcher l’emballement climatique annoncé. « Sortir du capitalisme est la seule solution », disent les plus engagés dans la lutte contre le changement climatique. Pourquoi ne pas non plus proposer la paix universelle et éternelle sur Terre ou encore l’avènement d’un nouvel âge d’or où chaque être humain ne convoitera plus autrui, aura atteint une sagesse telle qu’il se contentera de son sort, de sa condition ?

Je m’amuse, mais en réalité ces affirmations militantes sont plus inquiétantes qu’elles n’y paraissent. De la même manière qu’avec les énergies fossiles qui représentent exactement le même montant d’énergie primaire en 2022 qu’en 1990, soit 80% de l’ensemble, le capitalisme n’a pas lieu d’être débattu. Qui peut être pour ou contre le capitalisme, hormis ceux qui sont les plus protégés par ce même système et en bénéficient le plus depuis qu’ils sont nés et peuvent se permettre de le remettre en cause sans risques ? Par quoi veulent-ils le remplacer ? Comment feraient-ils pour le remplacer ? Avec une conférence mondiale sur le capitalisme où toutes les Nations se mettraient d’accord pour dire : « Ok, on a tué la planète avec le capitalisme, alors on arrête avec ça. Maintenant on stoppe le commerce international, on arrête l’économie de marché, on arrête la propriété privé, on interdit de posséder du capital privé » ? Ces solutions, impossibles face à des prévisions apocalyptiques qui ne se sont toujours pas réalisées, sont des artifices intellectuels et politiques qui empêchent — à mon sens — de réfléchir aux vrais problèmes et trouver des solutions réalistes et adaptées à ces problèmes. Ce que j’appelle trivialement « améliorer l’existant ».

Rétablir les priorités et agir concrètement, sans catastrophisme

Vous connaissez l’adage qui dit « la peur est mauvaise conseillère ». Il semble qu’il ait été totalement oublié des marchands de peur adeptes du catastrophisme. On ne fait rien d’intelligent, de structuré sous le règne des émotions, particulièrement sous celui de la peur. Dans le cas de la perte de biodiversité terrestre, comme dans le cas de la déforestation ou encore de l’augmentation de 1°C en 150 ans de la température planétaire, il est possible, sans catastrophisme aucun, d’agir raisonnablement et positivement sur ces phénomènes. Ou pas. Mais la première chose à faire, comme avec tout problème, est de prioriser. Évaluer, voire réévaluer la réalité scientifique de ces problèmes. De façon neutre, sans idéologie, sans volonté militante, politique. Par exemple : quel degré réel de perte de biodiversité se joue et surtout : où en particulier sur la planète ?

Il y a en réalité déjà de nombreux programmes internationaux en place pour la protection de la biodiversité. Comme pour la déforestation. Quant à la hausse de 1°C elle survient à la sortie d’une période climatique nommée le petit âge glaciaire et correspond à peu près à la même hausse sur une période équivalente avant cette période, soit entre 950 et 1100 de notre ère. Le CO2 joue-t-il un rôle aussi prégnant que l’ONU le déclare depuis 1992 ? Rien n’est moins sûr à la lecture de centaines d’études traitant de ce sujet. La hausse des océans est attestée depuis près de 200 ans mais n’est pas corrélée aux émissions de gaz à effet de serre. Elle s’accélère à certaines périodes et ralentit à d’autres alors que les émissions de CO2 continuent de grimper. Une partie des glaciers mondiaux a commencé à fondre dès le début du XXème siècle et certains bien plus que d’autres mais en aucun cas cette fonte ne peut expliquer la hausse des océans. Sachant que cette hausse du niveau des océans était déclarée par le GIEC comme une urgence absolue il y a 20 ans pour plusieurs archipels du Pacifique qui devraient être majoritairement submergés depuis 2016. Il n’en est rien en 2022. Les calottes glaciaires ne diminuent pas de façon linéaire, leurs variations vers le bas ou le haut sont toujours sujettes à discussions et continuent de faire l’objet de recherche. Les dernières recherches sur le sujet estiment que la fonte de l’Arctique a débuté dès 1900 par l’arrivée d’eaux plus chaudes et plus salées qui affluaient de l’Atlantique. Les sécheresses annoncées comme devant être de plus en plus fréquentes sur le globe ne sont pas survenues avec le réchauffement climatique, mais l’inverse s’est produit : la planète est plus verte et plus arrosée qu’il y a 30 ans.

Je ne sais donc pas, après plus de 10 ans de veille informationnelle sur ces sujets, de lectures de milliers de pages d’études scientifiques, de conférences sur le sujet, si les 1° ou 1,2°C plus ou moins bien mesurés à l’échelle du globe sont causés par les émissions humaines de gaz à effet de serre. Je sais par contre que près de la moitié de ce réchauffement global a eu lieu entre 1910 et 1940, alors que les émissions anthropique étaient bien plus faibles qu’entre 1950 et 1980, période où la température mondiale enregistrée a pourtant stagné et a même diminué dans les années 60. Je sais aussi que plus des annonces catastrophistes sur le climat sont lancées, plus les émissions globales de CO2 augmentent et plus les multinationales de l’énergie et de l’environnement s’enrichissent. Selon la FAO, organisme de l’ONU, un tiers des forêts de la planète sont des forêts primaires, intouchées par l’être humain. C’est encore beaucoup et tant mieux, mais cela énerve de nombreux spécialistes engagés dans la défense des forêts qui expliquent que l’équivalent de 40 terrains de football de forêt disparait à la minute sur Terre. Tout cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problèmes environnementaux, mais plutôt — et c’est là que je tiens à insister — des problèmes plus ou moins réels, avérés et surtout avec des solutions ou sans solutions. C’est là que la priorité et l’action concrète doivent survenir.

Le climat n’est certainement pas une priorité. Pour qu’elle en soit une il faudrait accepter qu’un système chaotique se comporte de façon linéaire face à l’augmentation de 1 molécule de CO2 pour 10 000 en 150 ans dans l’atmosphère, ce qui est impossible. Au delà de ce constat, la croyance que l’humanité gouverne le climat est fortement improbable. Que ce soit en émettant du CO2 ou en arrêtant d’en émettre, tous les spécialistes un peu sérieux savent que le climat d’une planète n’est pas assujetti à une unique contingence, une sorte de robinet à effet de serre qu’on pourrait à loisir ouvrir ou fermer et qui ferait monter ou baisser la température.

Le nombre de facteurs qui composent le climat de la Terre est immense, leur complexité telle, qu’aucun ordinateur n’est d’ailleurs encore en mesure de les modéliser. Les effets des océans, de la couverture nuageuse, leurs interactions, sont encore très mal compris. L’oscillation multi-décennale de l’Atlantique est très peu prise en compte par les rapports du GIEC, tout comme l’oscillation décennale du Pacifique. Bref vous l’aurez compris, je ne suis pas inquiet par le climat futur de la Terre. Et je devrais avoir le droit, normalement, de le dire et le penser. Il n’y aura pas de catastrophe climatique à mon sens, il n’y a pas de dérèglement du climat actuellement, même si nous avons moins froid globalement sur Terre qu’en 1850. Tout comme nous avions moins froid sur Terre globalement au 12ème siècle qu’en 1850 ou en 1700. Au delà de ces affirmations effectuées en réalité par les meilleurs scientifiques du domaine que je lis et écoute depuis plus de 10 ans, je tiens à dire que je peux parfaitement être dans l’erreur, mais que cela ne changerait rien à la donne : les mesures de baisse des gaz à effet de serre ne pourront en aucune manière empêcher les pires prédictions du GIEC puisqu’il est impossible pour les plus grands émetteurs qui représentent la moitié de l’humanité en voie de développement de les appliquer. Et quand bien même, tous les modèles du GIEC ne donnent pas cher de notre peau dans le cas ou tous les pays respecteraient des baisses conséquentes, puisque selon eux et leurs prévisions catastrophistes, ce processus est irréversible. Leur message est celui de limiter les dégâts, pas plus. Au final, une urgence à limiter des dégâts qui ne se confirment pas, ou qui sont parfaitement exagérés, voire fabriqués.

SI nous revenons donc au sujet des priorités et de l’action priorisée, sans catastrophisme, il y a à mon sens une autre voie bien plus bénéfique menant à une amélioration environnementale sinon globale, au moins à l’échelle de chaque nation en ayant les moyens et la volonté. Elle est est déjà en cours dans les pays développés et elle passe par des politiques de protection de l’environnement ciblées, des améliorations dans l’urbanisme, les transports, l’agriculture, etc… Si nous vivons certains étés des canicules, comme à d’autres périodes de l’histoire — lors desquelles des dizaines de milliers de Français sont morts soit dit en passant — rien ne sert d’en appeler à des politiques climatiques ineptes à base de voitures électriques qui n’auront aucun effet concret. Végétalisez vos villes, de façon importante. Vous gagnerez plusieurs degrés en moins ainsi que des dépolluants naturels. Sans compter le confort que cela offrira aux habitants.

Les températures relevées en France le sont dans des zones qui ont été urbanisées pendant des décennies. Le bitume, le béton conservent la chaleur. Ces îlots de chaleur urbaine n’ont rien à voir avec un effet de serre atmosphérique. Il est donc normal de trouver de plus en plus de chaleur un peu partout dans l’hexagone. Ce problème vient de la destruction des haies, des espaces de verdure urbains et péri-urbains, de l’artificialisation des sols, en particulier par le développement erratique de grandes zones commerciales bitumées. Au lieu de construire des milliers de rond-points ineptes, l’État français aurait eu meilleur compte à ré-arborer les villes et leurs périphéries. Pour l’agriculture, les subventions devraient aller vers la production en maraîchage, à la plantation de haies, l’aide à l’agriculture raisonnée, au lieu de surfinancer les exploitations géantes de céréales ou de betteraves.

Pour les transports il est évident qu’en France les manques de transports collectifs sont criants. Pas qu’en terme de quantité, de qualité, mais aussi sur leur coût prohibitif : leur gratuité devrait être la règle. La voiture électrique étant une absurdité industrielle et énergétique sur le long terme, elle devrait être réservée aux véhicules administratifs. Les véhicules individuels récents à essence n’émettent pas de particules fines et polluent très peu, ce ne sont pas eux qu’il faut écarter mais les poids lourds tous motorisées au diesel, qui devraient être majoritairement en ferroutage depuis des décennies. Les forêts sont plus importantes en France en 2022 qu’au 14ème siècle. Il n’y a pas de désastre environnemental en France, c’est même l’inverse. Il y a par contre des mauvaises pratiques et des mauvaises politiques qui devraient être corrigées.

L’honnêteté et la rigueur scientifique doivent remplacer le catastrophisme sous peine d’aller vers le pire

Nous arrivons à la fin de cette conférence qui n’est pas — je tiens à le souligner — une forme de solutionnisme politique au sujet de l’environnement malgré cette dernière partie qui pourrait être prise comme telle. J’aurais pu parler du terrorisme islamiste déclaré à une époque pas si lointaine comme le problème catastrophique mondial à régler prioritairement, mes constats auraient été les mêmes : l’exagération, les prédictions apocalyptiques ne servent à rien, accentuent les problèmes au lieu de les résoudre et empêchent de penser correctement. Ce règne du biais catastrophiste est malgré tout là. Il envahit nos consciences. Nous interpelle en permanence dans les médias. Il falsifie la réalité et force à prendre des mauvais décisions, nous oriente vers des fausses solutions. Il peut même nous mener vers le pire alors qu’il prétend faire l’inverse. Les études sur l’impact environnemental des champs d’éoliennes terrestres ou offshore sont sans appel : cette énergie est désastreuse d’un point de vue environnemental tant dans leur construction que leur implantation et au final dans leur fonctionnement. Avec en point d’orgue le fait que les éoliennes ne peuvent pas remplacer les centrales thermiques. Idem pour le photovoltaïque qui dévore des espaces naturels dans des proportions colossales pour un rendement très faible et une intermittence qui ne peut là aussi remplacer les centrales thermiques. Pour faire simple : en voulant soi-disant sauver l’environnement, le climat d’une planète, on détruit l’environnement avec des énergies inadaptées au monde industriel moderne.

De la même manière, la protection de la biodiversité n’est pas soluble dans la 6ème extinction des espèces annoncée par des prophètes détenteurs de doctorats en astrophysique. Si la biodiversité est en péril dans certaines parties du monde, il faut bien entendu agir pour protéger ce qui doit l’être. Mais sans conclure de façon trop définitive et générale. J’ai souvenir d’une émission de radio en 2020 dans laquelle deux chercheurs du CNRS étaient invités pour parler de leur étude sur la disparition d’une espèce de tortues de mer à l’échelle mondiale. Sauf qu’une étude par satellite publiée deux jours auparavant venait de découvrir 80 000 spécimens que personne n’avait jamais vus jusqu’alors. Les deux chercheurs semblaient presque ennuyés par cette bonne nouvelle qui invalidait totalement leur recherche alarmiste sur l’extinction de ces tortues qui ne l’étaient pas au final. Cette faculté à vouloir établir des analyses globales qui recouvriraient un phénomène à l’échelle planétaire est un véritable problème.

De nombreux phénomènes le sont à l’échelle régionale. Vouloir les généraliser à l’échelle mondiale est une méthode scientifique malhonnête, qui est en réalité un détournement de la science au profit du politique. Le catastrophisme n’est pas une méthode scientifique acceptable. La généralisation catastrophiste détourne les analyses et empêche d’agir concrètement. Les grands incendies en Australie illustrent parfaitement ce phénomène : l’entretien des forêts stoppés depuis plusieurs années sous prétexte de protection de l’environnement est la cause principale de ces derniers. Des vagues de chaleur viennent favoriser les départs d’incendie mais ceux-ci auraient été maitrisés très vite et n’auraient pas dégénéré comme cela a été le cas alors, si les forêts avaient été débroussaillées comme auparavant. Les catastrophistes ont entièrement occulté ce phénomène en accusant le seul réchauffement climatique, demandant en conséquence que l’Australie abaisse ses émissions de gaz à effet de serre. La gestion des forêts, la prévention des incendies disparaissent des préoccupations au profit d’une théorie globale sur laquelle personne ne peut agir. Puisque même en abaissant ses émissions, l’Australie aura de toute manière de plus en plus de vagues de chaleur, selon le dogme catastrophiste du GIEC. Quand deux ans plus tard, une vague de froid touche l’Australie, aucun média ne fait par contre de commentaires ou bien du bout des lèvres en parlant d’un phénomène régional marginal.

Pour conclure, j’aimerais parler de l’état d’esprit que génère ce biais catastrophiste et des conséquences sociales et psychologiques qu’il engendre. Le martèlement informationnel sur une crise globale écologique, climatique, écrase moralement les populations des pays développées. Une nouvelle forme d’état d’esprit a pris forme que je nomme l’esprit de « concernement permanent ». Ce concernement est de plus accentué par des injonctions politiques, le plus souvent contradictoires. Ne pas se sentir concerné par une crise globale qui mène l’humanité à sa perte de façon certaine est considéré aujourd’hui comme une forme de déni de réalité doublé d’une volonté de nuire à la société, de participer — certains osent l’affirmer — à un crime contre l’humanité. Ou un climaticide pour les plus emportés. Soit un « meurtre du climat »…

Dans le même temps, la majorité de la population, bien que se sentant concerné par force par un problème global qui lui échappe totalement, sur lequel elle n’a pas de prise, se voit vendre par publicités interposées des produits industriels parfaitement polluants mais déclarés comme « verts ». Je pense aux SUV hybrides rechargeables hors de prix, censés sauver la planète ou tout du moins participer à lutter contre le dérèglement climatique. Rouler dans un véhicule de 2,5 tonnes équipées de batteries énormes qui offrent en moyenne 50 km d’autonomie électrique et qui demandent de consommer en recharge des quantités d’électricité stupéfiantes, participerait à freiner un dérèglement climatique planétaire de 8 centièmes de degrés celsius par décennie, lissé sur 150 ans ? Dans un pays les plus décarbonnés du monde qui ne représente que 0,9% des émissions de gaz à effet de serre mondiales ?

Le marketing propagandiste moderne semble sans limite. Mais les effets des injonctions contradictoires basées sur une obligation sociale de « concernement écologique » — je place des guillemets — ont de fortes implications. Nous ne sommes qu’au début d’un vaste changement de société, faits de conflits internes engendrés par des peurs fabriquées et mal gérées, de manipulation des masses pour vendre des politiques liberticides et régressives, de nouvelles formes de pathologies mentales entièrement créées par le biais de l’information catastrophiste. Si ce biais continue d’être le principal pour informer et permettre de se représenter le monde, nous allons vers le pire. Comme une sorte de prophétie autoréalisatrice : à force de faire accroire à une catastrophe nous finirons par la créer. Ce ne sera peut-être pas exactement celle prophétisée mais elle pourrait être malgré tout dramatique. A moins que face à l’absurdité dans laquelle nous sommes plongés, la raison ne finisse par revenir, faite de rigueur et d’honnêteté scientifique, sans idéologie ou conflit d’intérêt, sans volonté d’activer un agenda pour changer le monde, qui de toutes les manières ne peut pas être modifié massivement dans sa marche par des procédés biaisés. En conclusion, je crois que s’il faut « sauver le monde », ce n’est pas d’un effondrement environnemental, mais de la fausse représentation qui en est donnée… par le biais catastrophiste.

Merci de m’avoir écouté.