L’auto-propagande en question : comment prendre la « science » en otage pour inventer une fausse apocalypse ? […et se tirer une balle dans le pied, au final]

Plus je lis de chroniques, d’édito, de tribunes, de décryptages, plus je suis dépité par la médiocrité des analyses globales effectuées par… qui veut bien en faire (il ne manque plus que ma tante ou le boulanger du coin). Un phénomène me perturbe au plus haut point dans ce phénomène : celui de la continuité dans le discours, d’une pensée massifiée. Tous les « penseurs du monde en perdition » brandissent la science comme garantie de la qualité de leurs analyses, opposée à ceux qui ne feraient pas les mêmes constat : les obscurantistes, populistes, fabricants de fake news et autres croyants illuminés, adeptes de l’ésotérisme et parfois ardents défenseurs du capitalisme, ou pas. Sauf que l’arroseur peut-être parfaitement arrosé si l’on prend le temps de creuser un peu ces analyses…

La croyance la plus partagée en 2020 (sur le Net…) est celle de la catastrophe globale en cours : le climat et la biodiversité sont en danger imminent et « les êtres humains ne font rien pour empêcher ce désastre » (les politiques en premier lieu, paraît-il). Que ce soient des astrophysiciens apocalyptiques déprimés comme Aurélien Barrau :

[On sent bien qu’Aurélien Barrau ne vit pas à la campagne et se gave d’informations catastrophiques : des tas d’oiseaux nichent de partout autour de moi, dans le toit de ma maison, ou dans la nature luxuriante qui l’environne. Des dizaines rapaces quasi disparus il y a 40 ans viennent se percher sur les poteaux en bois de mon pré. Bref, Aurélien Barrau devrait aller rencontrer la nature en France, déjà, et autrement que dans le regard d’un grand singe au zoo… Tout n’est pas en train de « mourir », Aurélien, loin de là…]

ou des politiciens écologues d’occasion recyclés en survivalistes comme Yves Cochet, qui s’est réfugié dans sa ferme de Normandie pour se préparer au grand effondrement à venir :

Mais il y a aussi un nombre incalculable de (jeunes) gens qui publient au sujet de « l’obligation de changer nos modes de vie », sur l’imminence de « la catastrophe climatique et l’effondrement de la biodiversités » (des « réalités » — vérifiées d’après eux par la science — qui devraient nous inciter tous à cultiver des jardins, méditer et arrêter de prendre l’avion). Tous ces prophètes ont en commun une chose, qu’ils répètent à l’envi, une chose censée bétonner leur discours : la Science. Avec un grand S. L’un d’eux est chroniqueur à Arrêt sur Images (une très bonne publication, sauf lorsqu’ils se mêlent d’environnement et d’écologie) : Jean-Lou Fourquet. Au delà d’être chroniqueur pour ASI, Jean-Lou est aussi à la tête d’une entreprise qui vend des « solutions de développement durable ». Une petite conférence TEDx de notre gentil sauveur de planète et adepte de la décroissance méditative, (celle qui rapporte de l’argent), juste pour mettre en bouche :

Notre Jean-Lou fait aussi ce genre de déclarations dans l’une de ses chroniques sur ASI :

« De ce que nous savons, il est techniquement impossible d’allier la croissance économique à la lutte contre le changement climatique en passant par une énergie à un coût abordable … »

https://apreslabiere.fr/et-maintenant-il-faut-vaincre-notre-incapacit%C3%A9-%C3%A0-faire-des-choix-2-4-874454ae7621

Sauf que Jean-Lou, mélange plusieurs choses dans son grand shaker d’expert : la transition énergétique (vers les renouvelables, majoritairement), le coût de l’énergie à venir et la réalité scientifique du changement climatique. S’il est vrai que la « croissance verte » est un leurre et que passer aux renouvelables va être une catastrophe économique (et écologique, voir le docu de Gibbs et Moore ci dessous), la « lutte contre le changement climatique », est elle aussi un leurre pseudo-scientifique, parfaitement orchestré par le politique. Ce que Jean-Lou feint de prendre pour une « réalité scientifique indiscutable » (le climat c’est la seconde guerre mondiale selon son profil Twitter : « Climate is WW2 ») est en fait de la pseudo-science complètement baroque, qui n’est là que pour appuyer une politique mondiale poussée depuis plus de 25 ans : la prise en main de la production énergétique et d’une version (très capitaliste et occidentale) de « la protection de l’environnement »… par les pays les plus industrialisés. Les créateurs de l’ONU. Les pays les plus riches.

L’auto-propagande : le meilleur moyen de mentir, sans même le savoir

Tout le problème des analyses globales effectuées par ces spécialistes auto-proclamés réside donc en mot : aveuglement. Vouloir effectuer une synthèse des problèmes mondiaux en lien avec l’environnement (au sens large) et déclarer « des solutions » est une forme d’aveuglement religieux. Le croyant de l’église du changement climatique, de l’anthropocène et de l’effondrement de la biodiversité n’est pas dans une démarche scientifique. Il se fie à des déclarations générales, ne vérifie pas les données, les études, les travaux qui pourraient mettre à mal la théorie qui soutient sa croyance. Parce qu’en réalité, les prophètes modernes ne partent pas de l’étude d’un phénomène pour le comprendre et en tirer ensuite des conclusions, mais à l’inverse, ils partent de conclusions et viennent ensuite en tirer des phénomènes, le plus souvent futurs. La science à l’envers, en quelque sorte. Et prédictive.

C’est donc le règne de la politique qui a pris le dessus. D’une analyse purement politique : le changement climatique ou la destruction de la biodiversité le sont par un système humain, uniquement, en roue libre et totalement chaotique. Le système capitaliste, industriel. Ces nouveaux prêtres de la nouvelle religion appellent donc, de façon désordonnée ou en bloc, à :

— Abolir le système capitaliste

— Changer nos modes de vie

— Faire des sacrifices (de confort matériel)

— Arrêter le système industriel (entrer en décroissance)

— Stopper les énergies fossiles

Toutes ces solutions se rejoignent dans une sorte de grand feu de joie de la condamnation et l’appel à faire « tomber la civilisation industrielle », seuls moyens de tous nous sauver (pauvres pêcheurs). Sauf que tout le monde sait très bien que c’est impossible. A moins de décider de sacrifier, non pas du confort, mais 5 ou6 milliards de vies humaines. Et c’est là où l’autopropagande trouve ses limites : chacun de ces penseurs de la fin des temps a beau s’être convaincu que la seule voie était l’arrêt de de la société industrielle et/ou la fin du capitalisme, aucun d’entre eux n’a la moindre idée de ce que cela signifie réellement. Aucun d’entre d’eux n’a vécu ne serait-ce que de façon partielle sans une partie de l’aide du système industriel (sans électricité et l’eau courante, par exemple). Aucun ne le souhaite vraiment, en réalité. Comment imaginer un instant « un monde meilleur » où la majorité des individus ne pourrait pas survivre, où la majorité des biens essentiels ne seraient plus accessibles correctement (nourriture, transports, énergie au premier chef) ?

Mais visiblement ces légers problèmes n’affectent pas nos nouveaux penseurs. Leur réalité est celle des prédictions informatiques, basées sur des modèles, censés indiquer une fin (d’un climat viable, de la biodiversité) toujours repoussée, mais pourtant considérée comme certaine. A l’instar des prophètes monothéistes de la fin des temps, les penseurs de l’environnement, de l’écologie et de la civilisation du XXIème siècle annoncent des Vérités et des catastrophes à venir. Aveuglément.

Et la science dans tout ça ?

Le climat n’est pas dans un emballement de réchauffement qui nous mènerait dans 15, 20, 30, 50 ou 80 ans à une planète invivable. Ces affirmations ne sont pas vérifiées par les observations des satellites, les modèles du GIEC se sont tous plantés depuis 20 ans. L’augmentation de la température du globe n’a été que de seulement 0,38° C depuis 1979 (premières données satellites).

https://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/UAH-LT-global-thru-Apr-2020.jpg

Mais surtout, la théorie du réchauffement par les émissions de CO2 humaines est en bout de course : rien ne colle, ni la tendance de la glace antarctique (qui ne baisse pas mais augmente), ni l’élévation des océans qui est totalement indépendante du taux de CO2 dans l’atmosphère. Ni même la fréquence des événements climatiques catastrophiques. Tout ça est parfaitement référencé par la science, les labos d’observations par satellite au premier chef.

Par contre, des chercheurs ont travaillé pour tenter d’expliquer cette hausse (légère, vue la durée) de température de quelques 1°C entre le milieu du XIXème siècle et 2020), autrement que par un effet de serre anthropique. Une théorie en particulier est vérifiée depuis 2006, au point que le CERN en a fait une expérience qui continue depuis près de 10 ans et a déjà apporté des résultats positifs : CLOUD. Ce qui n’est par contre pas explicité est que toute cette théorie que vérifie le CERN avec son expérience est en réalité celle d’un chercheur danois (et de son équipe) : Henrik Svensmark. Une théorie développée depuis…1996 et rejetée en bloc par les membres « du consensus scientifique » du GIEC. Des scientifiques ou des cadres de l’ONU du GIEC qui ont refusé de tenter de s’y intéresser même pour la contredire, cette théorie, pendant 10 ans. La « Science » a décidément des voies très impénétrables…

Ce documentaire d’Arte, de 2008, explique parfaitement le rôle des nuages comme moteur central du climat (dans son refroidissement ou son réchauffement). Des nuages qui augmentent ou diminuent en fonction de l’activité solaire et des rayons cosmiques qui pénètrent plus ou moins l’atmosphère terrestre. Une sorte d’ensemencement des nuages grâce aux aérosols « sous l’effet des étoiles » :

Mais alors, on fait plus rien, on sauve plus la planète ?

Il n’y aura pas d’apocalypse climatique, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de « problèmes d’environnement » sur Terre. La biodiversité, donc tout ce qui constitue les milieux naturels, est affectée par l’activité industrielle. Pas particulièrement celle qui émet du CO2, soit-dit en passant. La pollution par les plastiques, des fleuves, des océans est un problème. Les rejets chimiques dans les sols, la déforestation (entre autres pour la quête incessante de terres rares permettant de faire fonctionner les panneaux solaires, éoliennes et smartphones du monde soit disant plus respectueux de la nature) s’accentuent et causent des dommages en chaîne.

Mais cette atteinte à la biodiversité n’est pas irréparable ou inéluctable. Elle est de plus, le plus souvent, parfaitement exagérée pour créer de la peur et inciter à des actions politiques. Pourquoi pas, me direz-vous, si c’est pour améliorer les choses, moins polluer ? Oui, mais non. Comme cet article d’un naturaliste, spécialiste des oiseaux aux Etats-Unis l’explique (There Is No Impending Bird Apocalypse : What happens when the marketing campaign for new research gets more attention than the science.) : orchestrer une véritable campagne de communication basée sur des études biaisées, arrangées, exagérées (pour toucher des fonds), n’est pas une bonne chose. Les oiseaux américains ne sont pas en train de disparaître, au contraire. Et les solutions pour empêcher cette fausse apocalypse de survenir ne sont pas données par ceux qui fabriquent ces études.

Nous sommes donc face à une (très) grande entreprise de propagande débutée dans les années 90, avec les conférences sur l’environnement expliquant « que pour protéger la Terre, il faut abaisser surtout une pollution, celle du CO2 », cause d’un réchauffement …qui n’était même pas vérifié scientifiquement à l’époque. Les politiques, malgré ce que laissent accroire les militants de l’écologie, ne sont pas du tout « dépassés » ou « incapables d’agir » face à la situation de dégradation environnementale. C’est exactement le contraire. Les responsables politiques, depuis 1992 (conférence de Rio), n’arrêtent pas de faire prendre des mesures pour « sauver la planète » et « protéger l’environnement ». Ce qui n’est pas entièrement faux quand on constate les taux de pollution des fleuves et rivières dans les pays industriels, par exemple. La pollution des années 60 et 70 était monstrueuse, elle est aujourd’hui très faible comparativement. Ce ne sont pas des mesures de réduction des émissions carbone qui ont permis de le faire, mais simplement des réglementations étatiques envers le privé, de diminution des rejets de pollution par des améliorations techniques et surtout, une délocalisation industrielle vers les pays émergents.

Ce que n’arrivent pas à voir les sauveurs de planète effondrologues, ou qu’ils ne peuvent pas envisager simplement, est la chose suivante : nous sommes 7,5 milliards d’êtres humains sur Terre et les alarmistes écologistes des années 70 prédisaient déjà qu’une catastrophe (écologique mais surtout alimentaire) surviendrait à plus de 5 milliards. C’est l’inverse qui est survenu : il y a moins d’êtres humains mal nourris qu’il y a 50 ans, alors que nous sommes deux fois plus nombreux. La pollution augmente dans les pays en voie de développement certes, logiquement, comme l’on fait les pays occidentaux pour se développer, mais elle baisse largement dans les pays développés. Logiquement là aussi, puisque ces derniers n’ont pas envie de tuer leur environnement et leur population avec. Et qu’il ont les moyens d’éviter de polluer. Ou du moins de nettement polluer moins. Parce qu’ils sont riches et que les améliorations technologiques permettent de le faire et qu’ils ont décidé de laisser les pays pauvres fabriquer l’essentiel des biens générant de la pollution.

L’essentiel n’est donc pas là où on le croit. Et l’idée de « faire » quelque chose pour « sauver » une planète est simplement un leurre menant à des « solutions » incohérentes ou même totalement débiles.

Les instances internationales ont déjà un plan pour le monde (et vous les aidez à le réaliser)

Une instance internationale onusienne d’experts a été créée en 2012 : l’IPBES. J’ai crû un moment qu’elle était réellement un organisme neutre et scientifique ayant vocation à informer sur l’état de la biodiversité planétaire. J’ai déchanté en allant creuser ce que faisait réellement cet organisme, avec qui… et surtout quels étaient ses objectifs politiques. L’IPBES est un GIEC de la biodiversité, il collabore d’ailleurs avec ce dernier.

Financé par des ministères de l’industrie, des entreprises de green tech, des fonds verts, et sous la coupe des gouvernements, l’IPBES explique comment nous allons tous sauver la planète si nous suivons ses scénarios (à base de modèles prédictifs numériques, comme pour le GIEC). C’est simple : couvrir de panneaux solaires et d’éoliennes la planète, utiliser les big data et faire confiance à l’innovation technologique. Sans mentir, cette vision de la protection de la biodiversité est effrayante, mais réelle :

Demander aux gens de faire de la permaculture, de méditer et de moins consommer est gentillet mais aussi absurde que les solutions technologiques de l’IPBES pour éviter de détruire de manière trop importante notre environnement. Les solutions anti-capitalistes, décroissantes sont des utopies pour petits bourgeois qui n’ont jamais manqué de rien et qui, demain, si leur utopie se réalisait, seraient les premiers à venir hurler leur désespoir face aux manques inouïs qu’il subiraient. L’humanité ne recule jamais en terme d’évolution. Elle s’adapte, elle améliore des choses, elle va de l’avant mais elle ne recule pas.

Si demain une vraie réflexion sur la répartition des ressources sur Terre, des inégalités, de la bonne gestion « raisonnée » des terres agricoles, de l’énergie était faite, il y aurait des voies à suivre très intéressantes. Mais elles ne seraient pas basées sur des constats erronés et alarmistes, simplement sur du bon sens, appuyé sur des données scientifiques, indépendantes et neutres. Nous savons que nous pouvons nourrir 11 milliards d’êtres humains. Nous savons qu’il est possible de gérer les ressources terrestres de façon bien plus respectueuse et moins destructrices. Nous savons que les pires destructions environnementales sont le fait d’une infime minorité de groupes industriels transationaux qui maximisent leurs profits sous le regard bienveillant des accords de libre échange savamment concoctés par des Etats aux discours dichotomiques.

Nous savons que si les organisations politiques internationales décidaient de vraiment rebattre les cartes en régulant intelligemment les échanges, les productions, les pollutions, la redistribution, les financements, nous pourrions vivre dans des sociétés plus respectueuses du vivant, humains compris, moins dévoreuse de ressources, plus équilibrées, plus harmonieuses et surtout moins injustes. Et cette chose là pourrait survenir. Mais elle ne surviendra pas avec des demandes « populaires » manipulées par des groupes d’intérêt alarmistes qui exigent n’importe quoi, comme l’arrêt de l’industrie, des ressources fossiles ou du système capitaliste… La jeune Greta Thunberg n’a pas été invitée à l’ONU ou dans des parlements, une COP pour rien : elle permet, par ses demandes absurdes et décalées de bien montrer que les alternatives (inventées par les groupes qui la pilotent) au système actuel sont irréalistes et stupides. Mais il restera quelque chose de ces demandes : plusieurs trillards d’euros ou de dollars qui vont innonder un secteur bien particulier : celui des énergies dites vertes, une catastrophe écologique en devenir…