Climat, énergie : pourquoi des activistes écologistes militent désormais pour le nucléaire

Regarder ces 17 minutes de conférence (en standup comme c’est la règle chez Ted) n’est pas sans conséquences sur le cerveau humain. Ce mea culpa absurde et délirant d’un « environnementaliste » reste stupéfiant et mérite d’être analysé à l’aune de notre époque, innovante et disruptive en diable. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas possible, si l’on est un tantinet sérieux et correctement câblé, de croire un instant à ce que ce type raconte. Enfin, disons qu’il nous prend pour des truites et qu’il fait comme si de rien n’était. Explications.

On n’avait pas prévu le truc, et alors bon…

« Michael Shellenberger est un « héros de l’environnement » selon le Time Magazine, mais il est aussi président de « Environmental Progress », une organisation de recherche et de politiques environnementales. Écologiste de longue date, Michael a changé d’avis sur l’énergie nucléaire (…) ».

C’est ainsi que le type censé nous sauver du « dérèglement » climatique est présenté. Un « héros de l’environnement qui a changé d’avis sur le nucléaire »… Petit rappel nécessaire : depuis le quatrième rapport du GIEC l’énergie nucléaire est vendue comme LA solution pour tous nous sauver, en complément des énergies dites « renouvelables », ou « vertes »(quand vous travaillez dans le marketing à base de greenwashing). Le type a l’aire de l’oublier, mais passons. La télévision de service public Channel 4, avait mis en documentaire en 2007 cette orientation toute politique — selon elle — du GIEC, en produisant un documentaire parfaitement « climatosceptique » (comme le politiquement correct l’imposait déjà à l’époque) : The Great Global Warming Swindle (La grande arnaque au réchauffement climatique).

Dans ce documentaire, le poids des lobbies de l’énergie et de activistes de l’écologie était pointé du doigt par des scientifiques du climat, de classe internationale, qui venaient expliquer que l’histoire du CO2, c’était du flan. Mais que par contre, vendre une alerte mondiale sur un réchauffement climatique causée par le CO2 et uniquement « arrêtable » par une transition énergétique radicale, ça c’était un bon plan. Pas pour l’humanité, mais pour le business. Sachant que même les pays les plus riches auraient du mal à la faire cette transition, le docu expliquait que ce serait surtout un bon moyen de laisser l’Afrique bien en plan, en lui vendant deux ou trois malheureux panneaux solaires qui ne leur serviraient à pas grand chose. Pendant ce temps, un business géant se créerait, mais en continuant à utiliser le pétrole, parce qu’une civilisation entièrement montée sur le pétrole… et bien… elle ne se passera pas de pétrole. Elle pourra par contre toujours faire basculer des productions d’énergie comme l’électricité vers des technologies hors de prix et maîtrisées par les pays occidentaux. Le nucléaire en particulier, parce que couvrir seulement d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques la quasi totalité des terres arables ne suffirait pas à alimenter en électricité les sociétés industrialisées… (Un nouveau documentaire, comme celui-ci, avec des scientifiques reconnus et aguerris, expliquant leur refus d’adhérer à la thèse du GIEC et exprimant les leurs, pourrait-il être diffusé sur une grande chaîne publique dans des pays occidentaux en 2019 ? La réponse est non. Que s’est-il passé en termes de libertés de l’information et d’expression en 12 ans ? )

Pour revenir à ce formidable Michael, c’est exactement ce qu’il explique dans son speech : les fermes solaires californiennes sont une catastrophe environnementale et l’intermittence de leur production fait qu’elles ne remplacent rien du tout. Comme les éoliennes. Et c’est vrai en plus. Mais on n’y avait pas pensé. C’est ballot. Vraiment.

Mais, mais, mais… alors quoi, on va tous mourir ?

Mais non, allons, allons, rassurez-vous chers amis amoureux de la nature, de l’environnement, de l’écologie et de la planète (quitte à faire) : vous allez pouvoir continuer à faire des selfies, balancer quotidiennement des vidéos et des photos plus lourdes qu’un soft industriel des années 80 dans un monde qui ne chauffera pas suffisamment pour cramer votre cerveau (qui le sera déjà de toute manière par l’abus des technologies numériques). Vous allez être tous sauvés de l’apocalypse climatique, c’est déjà prévu dans le scénario. Comment ? Avec le déploiement du « green capitalism » à tous les étages. Celui des potes des parents de Greta (et de Gore), la finance (plus ou moins) verte, internationale, aidée des industriels du nucléaire. Parce que oui, extraire des matières fossiles de type uranium c’est bon pour la planète, les cramer dans des centrales plus ou moins bien sécurisées aussi, et enfouir des déchets radioactifs pour des milliers et des millions d’années, c’est excellent !

Alors on vous plantera quand même quelques fermes éoliennes par-ci par là, des champs de quelques centaines d’hectares de panneaux de silicium qui flinguent toute la biodiversité et créent des déserts, mais vous serez sauvés. Avec des voitures électriques, des taxes carbone et de la viande de synthèse parce que les vaches et les moutons ça pète, ça chie, ça fait du CO2 et qu’en plus les tuer pour les manger, c’est mal.

Au lieu d’avoir +1° comme aujourd’hui (depuis 1850) vous aurez (c’est promis) +2° en 2100 (même si vous ne serez plus là, c’est pour vos enfants), ou même moins, puisque le green capitalism aura fait ce qu’il fallait ! Ce sont les modèles GISS qui le disent. Oui, oui, ces programmes informatiques qui ont annoncé qu’entre 1998 et 2103 il y aurait +0,15° celsius d’élévation de la température par décennie sur la planète, alors qu’il n’y en a eu que… +0,04° celsius (soit 3 fois moins). Et c’est le GIEC qui le reconnaît, alors bon : Evaluation of Climate Models, Chapter 9, 9Box 9.2 | (page 769) Climate Models and the Hiatus in Global Mean Surface Warming of the Past 15 Years.

C’est pas formidable la science couplée à l’activisme écologique pro finance verte ?