Environnement, économie, santé, social : les idiots utiles du système n’ont pas les bonnes clés… et vont perdre

Plus les mouvements de contestation se développent, plus l’état du monde et des sociétés humaines se dégradent. C’est à partir de ce constat qu’une réflexion large devrait normalement s’engager pour changer les modes d’actions censés « rendre le monde [humain et vivant] meilleur », ou plus trivialement : « éviter qu’il se casse la gueule dans un grand fracas ». Et pourtant, rien ne change et les contestataires perdent, de plus en plus. Explications.

La contestation en mode « adolescents donneurs de leçon » : une idiocratie pathétique

Les manifs « pour le climat », celles des « Gilets jaunes » ne semblent pas perturber le pouvoir en place. Pas plus ici qu’ailleurs les populations contestant les politiques menées par leurs dirigeants ne font changer d’un iota les dites politiques. Au contraire, plus la contestation s’amplifie plus des lois allant contre les revendications des manifestants sont votées : la loi « anti-casseurs » en est une magnifique illustration, en France. Sur le « changement climatique », l’expression populaire semble tout autant inepte et sans effet, avec des demandes qui ne trouvent aucun écho chez les dirigeants, et pour cause : si ces derniers agissaient selon les demandes populaires, c’est leur propre survie qui serait menacée. Il faut dire aussi que ces manifestants et leurs slogans infantiles, avec leur vision étroite et adolescente des problèmes n’ont pas franchement vocation à déboucher sur quelque chose de concret, et pour cause : les problèmes ne sont pas analysés correctement, les demandes sont puériles et décalées. « Sauvez le climat ! » : à 15 ans, quand on a une conscience du monde très étriquée et limitée, ça passe. Mais à 25, 30 ou 50 ans ça commence à devenir un peu gênant, à la limite de l’idiocratie pathétique.

Mais pourquoi qu’ils font rien ?

Nous vivons dans un système politique et économique qui a su s’organiser et se renforcer depuis 70 ans de manière unique dans l’histoire. Ce système d’économie de marché mondiale et capitaliste, devenu néo-libéral, dirige les sociétés humaines sur toute la planète. C’est un système global. Ultra puissant. Totalitaire. Les dirigeants politiques sont les produits et les acteurs de ce système qu’ils ont plébiscité, aidés des acteurs économiques géants, les consortiums internationaux de tous poils : les multinationales.

La catastrophe environnementale et sociale en cours est causée par ces acteurs aidés de leurs gouvernements et des instances internationales idoines créées il y a quelques décennies, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) au premier chef. Mais les avantages retirés par le personnel politique comme les acteurs économiques de haut niveau ou protégés dans leurs structures, sont immenses : des lieux paradisiaques ont été privatisés pour leur seul bénéfice, les endroits les plus luxueux, les plus protégés leurs sont offerts à satiété. Quant à la destruction du tissu social, du travail, de l’environnement, des libertés, ce ne sont pour eux que des dommages collatéraux inéluctables : « on n’a pas rien sans rien » pourrait être leur slogan.

Une fois ces constats effectués, il est assez simple de comprendre pourquoi aucune réponse positive n’est donnée aux populations qui grognent, que ce soit sur la destruction des services publics, de l’emploi ou de l’environnement : ceux qui activent cette destruction sont ceux qui dirigent, et ce sont aussi ceux qui à l’inverse des populations se portent de mieux en mieux plus la destruction se propage. Logiquement, si une activité, des décisions vous apportent plus de confort, plus d’avantages pour vous et vos proches, vous protègent, vous allez continuer. Même si vous savez qu’il y a des pots cassés. Et surtout si vous pensez qu’en changeant le fonctionnement par vos décisions il y a risque de « chaos », de pertes et de chute systémique. Parce qu’en réalité c’est là que se situe le nœud de l’histoire du « pourquoi qu’ils font rien »…

Au lieu de demander…

Les dirigeants économique et politiques, tous liés par les mêmes intérêts ne peuvent pas prendre en compte les demandes populaires et « corriger le tir » parce qu’ils pensent que ce serait la « fin du système ». Le système en question est fragile malgré qu’il soit énorme et semble indestructible. Quelques grains de sable peuvent le gripper, c’est du moins ce qu’analysent les dirigeants. Les banques les inquiètent. Le système financier est incontrôlable. Les entreprises mondialisées détiennent plus d’avoir que les Etats et font trembler les bourses à peine elles revoient à la baisse leur chiffre d’affaires.

Tout se tient encore en état parce que l’écrasement des masses humaines et de l’environnement est maintenu : gel des salaires, précarisation des travailleurs, exploitation outrancière et polluante des terres agricoles, répression des contestations, privatisation des services des États, augmentation des tarifs des biens et services. Cet écrasement en place depuis 25 ans, en s’accentuant, permet de maintenir à flot le système néo-libéral, Chine en tête, suivie par le reste des nations industrialisées. Si demain ces écrasements sont levés, le système néolibéral ne s’en remettra pas, il disjonctera et s’écroulera. Les dirigeants le savent. Et c’est pour cela qu’ils ne veulent en aucune manière le changer, ou alors à la marge pour donner quelques gages aux masses, comme la loi française pour taxer (de façon ridiculement faible) les géants du Net. Sachant que les 500 millions d’euros récoltés par la dite taxe repartiront en aides aux acteurs de l’écrasement social et économique. La boucle sera bouclée et rien ne changera.

Venir manifester et demander de casser le système néolibéral ne sert donc à rien. Surtout quand les mêmes adolescents (véritables ou attardés) servent le système néolibéral en permanence dans leurs actes quotidiens et leur mentalité. Vouloir « protéger la planète » n’est pas compatible avec acheter des smartphones neufs tous les deux ans, manger dans des chaînes de Fastfood, envoyer des centaines de Mégaoctets de données quotidiennement sur les plateformes néolibérales du web, voyager le plus souvent possible en avion, acheter un maximum de merdes au supermarché et ne jamais s’occuper d’animaux ou de plantes tout en fréquentant les bar « lounge » des grandes villes ou des espaces de « co-working écodurables ».

Mieux vaut agir…

Personne, parmi les dirigeants ne votera pour que les gens aient plus de pognon que ce qu’ils ont en en retirant aux entreprises. Personne ne votera une loi contraignante pour empêcher l’agro-industrie de moins produire ou gagner moins d’argent en polluant moins. Personne n’empêchera les multinationales de détruire tout ce qui est nécessaire pour elles afin de maximiser leurs profits. Personne ne demandera de changer le système financier et encore moins le fonctionnement global néolibéral. Personne ne votera des lois pour contraindre les grandes plateformes du Web à se comporter respectueusement avec leurs utilisateurs et ne plus pouvoir alors générer leurs bénéfices basés sur la collecte de données. Demander toutes ces choses est une perte de temps, d’énergie et ne fait qu’une chose : cautionner ces mêmes acteurs du néolibéralisme dans le fait qu’ils ont le pouvoir et pourraient changer le système. Ce qu’ils ne feront pas puisqu’ils disparaitraient s’ils le faisaient.

Reste donc une chose possible, qui elle, peut changer les choses : agir. Individuellement et collectivement. Mais agir concrètement, quotidiennement, pas dans des actions « coup d’éclat » ou des « petits gestes ». Pas en « retirant les chargeurs des appareils numériques de leurs prises quand on ne les utilise pas » comme une ministre l’expliquait il y a peu à la radio. Non, le seul moyen de faire changer et forcer le système néolibéral à muter pour disparaître au profit d’autre chose — respectueux des individus et du vivant en général — c’est de l’ignorer au maximum. Le boycotter autant que possible, pour qu’il faiblisse. A tous les étages : politique, économique, social. Faire une grève/boycott personnelle de la merde néolibérale. Au maximum. Eviter tous les pièges qu’il tend. Refuser de le faire tourner, ou le faire tourner à minima. S’en détourner. Agir contre lui en créant des alternatives ou en participant à des alternatives. Ne pas chercher à faire de l’argent avec les actions alternatives et conserver son énergie pour le bien vivre : se séparer de la télévision, lire des livres papier achetés à des libraires, écrire, écouter de la musique (inspirée), jouer de la musique, jardiner, faire des choses constructives avec les autres sans échanges économiques, cuisiner, prendre le temps, méditer, dormir, respirer, caresser des animaux, peindre, ne rien faire…

Toute l’énergie passée à « demander » aux dirigeants du néolibéralisme de changer le néolibéralisme est perdue pour sortir concrètement du néolibéralisme. Mais cette « sortie » est indispensable. Elle est la seule issue pour forcer à ce qu’il se passe quelque chose. Si demain MacDonald, Facebook ou d’autres firmes mondialisées se retrouvent avec une baisse de 10,15, 20 ou 30% de leur chiffre d’affaires, il se passera quelque chose. Pas en allant leur demander dans la rue ou avec des pétitions qu’ils deviennent vertueux. Cela n’arrivera pas.