Le renseignement intérieur a enfin son Palantir souverain pour mieux tous vous contrôler !

« Le renseignement militaire français est heureux d’annoncer qu’il est devenu souverain » : c’est en résumé cette annonce qui a été faite pour promouvoir la nouvelle « architecture » de surveillance numérique d’Etat, qui jusque là dépendait de la société américaine liée à la CIA : Palantir. »

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Une alternative française à PALANTIR pour le traitement massif de données est désormais opérationnelle et disponible

« Le cluster Data Intelligence du GICAT  propose en un guichet unique le nec plus ultra des solutions pour le renseignement. Son portefeuille indépendant de produits et services fournis par les sociétés françaises les plus innovantes  dans le domaine du renseignement, colle au plus près des besoins du client, qu’il s’agisse de consulting, de conception, d’implémentation, ou de maintenance. »

C’est le Directeur de la communication et des affaires publiques du GICAT qui a fait cette annonce, avec moult détails sur l’avancée majeur de ce changement souverain :
Dès fin 2016, un groupe de travail, sous le pilotage du GICAT*, s’est constitué pour réunir les acteurs industriels français impliqués dans des solutions de renseignement en y associant le monde de la recherche universitaire. Ce dernier s’est rapidement formalisé par la création d’un « Cluster Data Intelligence » qui regroupe aujourd’hui 22 sociétés françaises** – Grands groupes, PME/ETI, Start-Up – disposant de technologies et solutions innovantes permettant de répondre aux enjeux du renseignement et du traitement massif des données. D’autres entreprises du secteur, comme THALES et PERTIMM qui viennent de soutenir leur candidature, pourraient rejoindre prochainement ce cluster afin d’étoffer l’offre française.
C’est très beau, et tout le monde est très fier d’apprendre que le renseignement, dont le renseignement militaire intérieur [la gendarmerie en l’occurence] a délégué a une pelletée d’entreprises du privé (22, et à termes bien plus) le développement la mise en œuvre d’outils de surveillance, mais aussi d’analyse prédictive et de contrôle… de la population française. Le problème n’était pas de savoir si activer les mêmes outils que ceux révélés par Edward Snowden et dénoncés par la classe politique était opportun ou non, mais bel et bien que ces outils soient « souverains ».

A quoi ça sert la surveillance numérique souveraine ?

Le GICAT () propose désormais plein de « services » grâce à son « cluster data intelligence ». Mais quels sont-ils ? Avec quels objectifs ? Chasser le vilain terroriste ? Et bien… pas particulièrement, malheureusement. Prenons l’exemple de la « gestion des foules ». Dans la rubrique « approche capacitaire », de la sous-rubrique « sécurité » :
La « gestion des foules » par les technologies de surveillance et de contrôle numériques est donc nécessaire à cause de « l’accroissement des libertés publiques » selon la gendarmerie : c’est une analyse qui a le mérite d’être honnête. Combattre les libertés est donc une nécessité, parce qu’elles sont trop « grandes » aujourd’hui, voilà l’objectif. Et la technologie actuelle est bien entendu parfaitement adaptée :
Si l’efficacité de cette architecture repose sur la compétence individuelle des personnels qui la composent et sur la cohésion développée au sein de ces unités spécialisées, elle dépend en partie de la qualité des équipements dont ils sont dotés. Aussi, pour maintenir ce pôle d’excellence, il convient de disposer de moyens performants et à la pointe technologique, dans les domaines concourant à la gestion des informations (acquisition du renseignement, communications, modélisation numérique,…), la rapidité de la réaction (mobilité, protection,…) et la précision de la réponse (géolocalisation, aide à la décision, gestion adaptée de l’adversaire,…)
Oui, vous avez bien lu : la gestion adaptée de « l’adversaire ». Le manifestant. Géolocalisé, aux communications analysées, aux données personnelles triées par des machines. Des machines et leurs systèmes appartenant à des entreprises spécialisées qui vantent la performance de leurs outils liberticides sur ce même document de « gestion des foules » :
Depuis dix années, Deveryware coopère avec les forces de sécurité pour développer à leur profit des outils de géolocalisation en temps réel des personnes, des véhicules et des marchandises. Nos logiciels utilisés pour combattre toutes les formes d’infractions (le terrorisme, la délinquance de proximité, le crime organisé) permettent une résolution plus rapide des enquêtes et la prévention des menaces. Dans le domaine de l’ordre public, les solutions de Deveryware peuvent contribuer à la gestion des foules en temps contraint. Deveryware offre également des solutions innovantes, efficaces et abordables aux sociétés qui veulent améliorer leur politique de sécurité. Nos clients peuvent accéder à un large éventail de solutions puissantes et faciles à utiliser: les localisations, les alertes, les rapports d’exploitation, le suivi à distance de balises, etc. permettent d’être informés sur les événements liés aux dispositifs. L’exploitation de sondes spécifiques de localisation cellulaire et des données des smartphones, associée à une chronolocalisation sur cartographie peuvent permettre d’obtenir des informations utiles et pertinentes sur une foule et ainsi faciliter sa gestion. (…) Les solutions proposées par Deveryware sont disponibles sur le Geohub, une plate-forme de grande capacité en cloud privé traitant chaque année des milliards de localisations en temps-réel. L’accès aux services des opérateurs de télécommunication, permet au Geohub de géolocaliser un large éventail de périphériques mobiles (téléphones portables, smartphones, balises…)
L’Etat français finance donc avec les deniers publics fournis par ses citoyens la surveillance et le contrôle de ces mêmes citoyens par des entreprises privées, sans véritable contrôle et qui pillent leurs communications et s’immiscent dans leurs vies privées.
« L’exploitation de sondes spécifiques de localisation cellulaire et des données des smartphones, associée à une chronolocalisation sur cartographie peuvent permettre d’obtenir des informations utiles et pertinentes sur une foule et ainsi faciliter sa gestion. »
Vous êtes prévenus, la « foule » : tout est sous contrôle… Mais de façon souveraine : ce qui change tout, bien entendu.