L’Amérique du deep state et du deep fake : contrôler le monde [en partie] par l’illusion (Part 1)

C’est une vaste entreprise que celle de parler des Etats-Unis d’Amérique dans leur aspect le plus sombre, celui de leur volonté de dominer et contrôler le monde. Ce pays est unique dans l’histoire des nations, et son influence sur la marche du monde n’a jamais trouvé d’équivalent. Nous sommes tous à la fois fascinés et écœurés lorsque nous regardons ce pays qui continue à la fois de détruire un nombre incalculable de choses, parvient à imposer un modèle de vie improbable et insoutenable, mais offre depuis des décennies de réaliser tous les rêves que l’humanité aspire à rendre réels ou tout du moins imagine être en capacité de faire : du pouvoir de destruction totale de l’astre sur lequel nous vivons à la vie éternelle, la création de la vie, ou encore les machines intelligentes, en passant par la conquête de l’espace, jusqu’à la colonisation d’autres astres. Mais un problème voit le jour quand certains s’essayent à décrypter les réalisations américaines depuis leur premier exploit mondial, acte de toute puissance d’il y a… 73 ans : l’illusion est présente à tous les étages savamment mêlée au concret, portée par des outils de propagande aux pouvoirs d’influence magistraux. L’Amérique nous travaille au corps depuis tellement longtemps, elle est si installée dans nos esprits et notre imaginaire que la défendre est devenu une sorte de réflexe, proche du conditionnement. Pour autant, la laisser continuer à nous leurrer et nous manipuler n’est pas une bonne chose : c’est notre liberté à vivre dans la réalité qui est en jeu, une forme de libération d’un esclavage de nos esprits soumis à l’illusion de l’histoire.

Jouer avec les nazis, puis convaincre l’opinion

L’histoire est toujours réécrite par les vainqueurs. Croire que l’administration américaine a envoyé ses boys sauver l’Europe du nazisme est aussi pertinent qu’imaginer un Georges W. Bush voulant amener la « démocratie » et sauver le peuple irakien de son « dictateur » en 2003. Jusqu’en 1941 la diplomatie américaine et surtout ses grands patrons d’industrie étaient en parfaite entente avec le régime nazi. En 1941, l’occupation allemande de la France et la déportation des Juifs battait son plein. La « solution finale » était en cours. L’empire nazi s’étendait jusqu’en Afrique du nord. Il n’y avait aucune animosité entre l’Amérique et l’Allemagne. Walt Disney, patron des studios éponymes et fervent admirateur du Furhër, produisait et diffusait des films antisémites tout en plébiscitant les dirigeants nazis :

« Dans une première version des Trois petits cochons (1933), le loup est représenté sous les traits utilisés alors pour caricaturer les Juifs. Dans une biographie controversée, Leonard Mosley dépeint un Disney antisémite et explique que son frère Roy s’est rendu en 1937 en Allemagne pour assurer la distribution de Blanche Neige et les Sept Nains auprès de Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler. Le journaliste et écrivain Roger Faligot confirme qu’il s’agit d’un des films préférés du Führer (oui, Blanche Neige et les Sept Nains). L’année suivante, Walt reçoit lui-même Leni Riefenstahl, déjà cinéaste au service des nazis. Au début des années 1940, il s’oppose publiquement à l’engagement américain dans la guerre. » (France Culture, Sept choses que vous ignorez sur Walt Disney)

Rappelons qu’en 1940 les Etats-Unis ne sont pas en guerre contre l’Allemagne et que le gouvernement américain ne donne pas de signes forts d’une volonté de s’engager militairement contre la puissance nazie. Roosevelt déclare durant la campagne pour sa ré-élection cette même année : « vos garçons ne seront pas envoyés dans une quelconque guerre étrangère ». On ne peut être plus clair. Et puis Il faut dire que le business bat son plein entre l’Amérique et l’Allemagne :

(…) à la demande de Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich, Gehrardt Alois Westrick, l’intermédiaire des entreprises américaines, se rend aux Etats-Unis au printemps 1940 pour rencontrer des industriels, parmi lesquels Ford. Il est rien moins chargé que d’obtenir des Américains qu’ils coupent les vivres aux Anglais. C’est la Robert Mayer Inc. de Gaussebeck qui prépare le voyage, financé par Sosthenes Behn et par James Mooney. Le 26 juin 1940, tout ce beau monde se retrouve pour un dîner de gala au Waldorf Astoria de New York : au menu, la célébration de la victoire allemande sur la France. Parmi les hôtes : Mooney, Ford, mais aussi Torkield Rieber de Texas Company, Ralph Beaver Strassburger, un millionnaire de Pennsylvanie, propriétaire foncier en Allemagne et en France, les directeurs de Kodak, Underwood, etc.

Vient donc l’attaque « surprise » de Pearl Harbor, largement racontée au cinéma depuis des décennies, expliquant l’entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941 contre… le Japon. L’alliance tripartite entre Allemagne, Italie et Japon force alors Hitler à déclarer la guerre aux Etats-Unis. Pearl Harbor, une petite île du pacifique et base militaire américaine. Un drame national qui convainc les foules américaines de la nécessité de sortir de l’isolationnisme et d’enfin s’engager. 2500 militaires morts provoquent donc l’entrée du futur mastodonte mondial dans la marche du monde, avec une note de 1940 d’un haut gradé, McCollum, — déclassifiée en 1994 — qui reste une épine dans le pied des historiens qui « debunkent » depuis un maximum sa portée. Extrait :

« Nous ne croyons pas que, dans l’état actuel de l’opinion politique, le gouvernement américain soit capable de déclarer la guerre au Japon dans l’immédiat […] Si par [ce plan en huit points], le Japon en vient à commettre un acte de guerre manifeste, alors c’est le mieux »

La note en question est consultable sur Wikipedia, et l’idée d’un « laisser-faire » américain pour ensuite avoir une vraie raison d’entrer en guerre avec — et c’est essentiel — l’approbation complète de l’opinion publique, a donc fait son chemin.

Il faut dire que les Japonais ne sont pas arrivés sur Pearl Harbor très discrètement (wikipedia) :

L’attaque de Pearl Harbor est conduite en deux vagues aériennes parties de six porte-avions impliquant plus de 400 avions. En moins de vingt-quatre heures, l’Empire du Japon attaqua également les États-Unis aux Philippines et engagea les hostilités avec le Royaume-Uni, en envahissant Hong Kong et en débarquant en Malaisie.

Les pertes américaines furent importantes : 2 403 morts et 1 178 blessés. Mais seulement deux cuirassés furent détruits (le troisième n’étant qu’un bateau cible) ainsi que 188 avions. Les seize autres navires endommagés furent remis en état dans les mois qui suivirent (dont onze avant la fin de 1942). Parmi les navires endommagés figuraient six cuirassés, trois croiseurs, quatre destroyers. Les trois porte-avions du Pacifique, alors absents de Pearl Harbor, étaient intacts. Les Japonais perdirent 64 hommes, 29 avions et cinq sous-marins de poche ; un marin fut capturé.

Pearl Harbor : le 11 septembre 2001 des années 40 ?

Marquer les esprits à jamais… et recommencer partout où c’est possible

Le premier acte de domination mondiale des Etats-Unis, sorte de révélateur du potentiel de puissance destructrice aveugle de ce pays face aux autres, est celui de la bombe d’Hiroshima, puis celle de Nagazaki. Les explications sur la nécessité de pulvériser plus de 200 000 personnes en quelques instants pour « gagner la guerre » ont toutes été balayées par les historiens : le Japon, en août 1945 est prêt à capituler, n’a plus aucune sorte de pouvoir de nuisance militaire. La Russie s’est engagée à briser l’alliance avec le Japon pour se retourner contre lui (ce qui sera fait et les dirigeants américains le savent très bien) :

À la Conférence de Yalta en février 1945, Staline promet à Roosevelt que l’URSS entrera dans la guerre contre le Japon 90 jours après la défaite de l’Allemagne, qui a lieu en mai. Il tient ce calendrier en déplaçant de grandes forces à travers la Sibérie. En avril 1945, Moscou annule le pacte de neutralité. L’invasion soviétique de la Mandchourie commence le , après le bombardement atomique sur Hiroshima le 6 août.

Et un rapport civil américain vient très vite dénoncer la nécessité d’utiliser la bombe A contre le Japon :

« Voici ce qu’on peut lire dans les conclusions du rapport de la commission d’enquête uniquement composée de civils, mise en place le 15 août 1945 à la demande du président Harry Truman : « Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki n’ont pas vaincu le Japon, ni, d’après les témoignages des leaders ennemis qui ont mis fin à la guerre, n’ont persuadé le Japon d’accepter une capitulation sans conditions. L’empereur, son Lord Conseiller gardien du sceau, le Premier ministre et les ministres des Affaires étrangères et de la Marine avaient décidé dès mai 1945 [la défaite de l’Allemagne étant consommée, NDA] qu’il fallait mettre fin à la guerre, même au prix de l’acceptation des conditions des Alliés. […] Sur la base de recherches approfondies sur tous les faits et avec leur confirmation par les dirigeants japonais survivants, l’avis de la commission d’enquête est que certainement avant le 31 décembre 1945, et en toute probabilité avant le 1er novembre 1945, le Japon aurait capitulé même si la bombe atomique n’avait pas été larguée, même si la Russie n’avait pas déclaré la guerre, et même si l’on n’avait ni planifié ni envisagé un débarquement. » (Extrait de l’article de blog Mediapart : Hiroshima et Nagasaki : le hasard et la nécessité ont sauvé le Japon)

Aucune nation n’a jamais osé utiliser de bombe atomique à l’encontre de quiconque exceptée la nation américaine. Le monde a été transformé par ces deux événements terrifiants, inouïs de violence et d’inhumanité : la bombe d’Hiroshima puis 3 jours après celle de Nagazaki. Mais c’est à partir de cet instant de l’histoire que les Etats-Unis d’Amérique ont compris une chose qu’ils ne lâcheront jamais plus : il est possible de dominer, contrôler, orienter le monde si l’on ose ce que personne d’autre n’ose. Ainsi la grande conquête américaine des esprits et des corps débute-t-elle. Une savante invention de vrai et de faux toujours marquée par une seule préoccupation : dominer.

A venir : L’Amérique du deep state et du deep fake : contrôler le monde [en partie] par l’illusion (Part 2)